FO ne veut pas du service minimum à la Gaudin
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SOCIAL. Force Ouvrière ne veut pas participer, demain, au service minimum du sénateur-maire UMP de Marseille. Pire : le syndicat envisage de lancer prochainement une grève pour dénoncer le service minimum à la sauce Gaudin. Une grève contre le service minimum chargé d’atténuer les effets de la grève ? Ça la fiche mal.
Surtout quand ça vient de FO, qui, d’habitude, marche main dans la main
avec le maire et vice-président de l'UMP, dans une co-gestion souple
des affaires de la Ville. Mais là, c’en est trop. Le syndicat,
majoritaire parmi les employés à la Ville et à la communauté urbaine
MPM, déplore que le service minimum pour les enseignants, prévue dans la moitié des secteurs de la ville, ceux tenus par la droite, se transforme
en « service minimum pour la fonction territoriale », selon Patrick
Rué, secrétaire adjoint du syndicat.
Ce mercredi matin, FO a donc protesté contre « la décision de la Ville
de Marseille de tenter de faire ouvrir les cantines scolaires des
écoles dont l’ensemble du personnel est gréviste ». Le syndicat estime
la décision « contraire aux engagements de l’administration envers FO
».
Bigre ! C’est qu’en extrapolant aux personnels de cantine le système
prévu pour les enseignants, « la Ville de Marseille fait du zèle
anti-gréviste à l’encontre de son propre personnel », accuse FO. Tout en déplorant que « l’administration requiert, pour mettre en place
ce dispositif, du personnel vacataire, particulièrement vulnérable et
dans l’incapacité de pouvoir refuser ». La Ville cherche ainsi « à
diviser les agents ».
Selon Patrick Rué, « ces agents savent qu’ils cassent la grève, mais
ils n’ont pas le choix. Ils ont dû aller chercher la clé de la cantine
et parfois ça s’est mal passé avec les cantinières, du style : “Tu les
veux, les clés ? Je vais te le jeter à la figure !”. »
Conclusion : « De telles méthodes sont indignes de la politique de
dialogue et de négociation que M. le Maire de Marseille avait jusqu’ici
coutume de mettre en œuvre avec son personnel. » FO exige le retrait de
cette « interprétation locale du service minimum national ».
Selon Patrick Rué, la question s’était déjà posée à la précédente
grève, le 15 mai. « Nous avions fait une assemblée générale : si la
mairie nous poussait à faire ça, on lançait un appel à la
désobéissance. La mairie nous a suivis. »
Avec cet accord, selon FO : si tout le personnel de cantine est en
grève, elle est fermée. S’il y a quelques agents présents, on assure
l’accueil pour des enfants avec leur sandwich. Ainsi, précise Patrick
Rué, « le maire au niveau national sauvait un peu la face, et nous, on
faisait sauter le service minimum ».
Mais la mairie a remis ça en annonçant, pour demain jeudi 22 mai,
l’accueil des élèves dans un centre aéré par arrondissement, uniquement
dans les secteurs tenus par la droite : 4e et 5e arrondissements, 6e et
8e, 9e et 10e, 11e et 12e.
Dans chaque école concernée, soit la cantine
fonctionnerait normalement, soit une garderie serait assurée pour les
enfants munis de casse-croûte. « Avec ce dispositif innovant, la ville
de Marseille respecte à la fois le droit de grève et propose une
alternative minimale », précisait la mairie.
Le maire doit rencontrer FO le 29 mai. Ils auront au moins un sujet de conversation.
MICHEL HENRY





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