Le monde carcéral reprend à temps plein Jean-Marc Rouillan
JUSTICE. Ça n’a pas fait un pli : Jean-Marc Rouillan reste en prison à plein temps. Hier, le le tribunal d’application des peines, siégeant à la prison des Baumettes à Marseille, a supprimé sa semi-liberté. Les trois juges « ont estimé, sans motivation, qu’il y avait lieu de révoquer la semi-liberté », selon Me Jean-Louis Chalanset, son avocat. Explications.
Le co-fondateur du groupe armé Action directe paye donc au prix lourd ses déclarations à L’Express du 2 octobre. « Jean-Marc Rouillan leur a expliqué clairement le pourquoi de l’interview, rapporte l’avocat. Il a déclaré également que, pour la première fois de sa vie, il annonçait dans cette interview qu’il voulait faire de la politique légalement [au NPA d’Olivier Besancenot]. Et c’est pour cela qu’il retourne en prison. »
L’avocat ajoute : « Pour Jean-Marc Rouillan, c’est une lettre de cachet destinée à l’empêcher de faire de la politique. » La LCR a qualifié hier cette décision d’« acharnement judiciaire ».
Ses déclarations avaient été interprétées comme un refus d’exprimer des regrets sur ses actes passés, notamment les deux complicités d’assassinat (du PDG de Renault Georges Besse, en 1986, et de l’ingénieur général de l’armement René Audran, en 1985), pour lesquels il a été condamné à perpétuité, avec dix-huit ans de sûreté.
« Je n’ai pas le droit de m’exprimer là-dessus, indiquait Rouillan. Mais le fait que je ne m’exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu’on avait fait, je pourrais m’exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique. »
« Il a simplement commenté une interdiction, et rien n’interdisait de commenter une interdiction », déplore son avocat.
Mais ses déclarations « ont profondément troublé l’ordre public », selon le juge d’application des peines, qui avait provisoirement suspendu sa semi-liberté dès leur publication.
Pour le parquet, Rouillan a « enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s’abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné ».
Rouillan, 56 ans, se retrouve donc en prison 24h sur 24. Il y était entré en 1987.
Depuis décembre dernier, après vingt ans en détention, l’ex-activiste devenu écrivain sortait en semi-liberté la journée, pour travailler aux éditions Agone, puis dormait le soir et le week-end en cellule.
« En prison, on sent l’obsession du mortifère, que j’ai écartée par l’écriture », expliquait-il alors. Il continuait à écrire, sur d’autres sujets : « La prison, je ne peux plus en parler du dedans. » Il peut à nouveau, à son corps défendant.
Me Chalanset va faire appel, mais ce retour en détention « est dramatique ». Car son espoir d’une libération conditionnelle en décembre s’éteint: « Il faut, auparavant, avoir fait un an en semi-liberté », rappelle l’avocat.
Peut-on attendre de lui un repentir ? Pour Yves Lemoine, ancien magistrat, « il y a une logique hypocrite : puisqu’il ne regrette pas, on le réincarcère ».
Selon ce juge, « la société croit toujours qu’une réincarcération longue va transformer en mouton des gens qui, au contraire, ont vécu pendant vingt ans sur une autojustification. Jean-Marc Rouillan n’a pu résister qu’en réaffirmant la justesse des actes pour lesquels il a été condamné. Il est, à ses propres yeux, dans une forme de noblesse de l’acte. Il a tué, pas pour des raisons vulgaires, mais comme, à la fin du XIXe siècle, un anarchiste jetait une bombe à la chambre des députés et, au moment de la guillotine, disait : “Si c’était à refaire, je le referais.” »
Yves Lemoine résume : « La société est axée sur une idée qu’il n’y a de rémission qu’en exprimant la désolation de ce qu’on a fait. C’est une hypocrisie sociale grave. Sa réincarcération me semble être une aberration. Dans une décision non motivée, ce qui de toute évidence est un manquement grave aux exigences d’une justice démocratique, visiblement les juges n’ont pu choisir le fondement de leur condamnation pour qualifier une infraction. »
De notre correspondant à Marseille
MICHEL HENRY
Lire également ses propos à Libé





Il faut remercier Jerome pour ses propos constructifs et intéressants. Je suis d'accord avec lui, le monde serait vraiment mieux si l'on s'aimait tous follement, il n'y aurait plus de prison, plus de semi-liberté, et surtout on ne se contenterait pas de propos insultants pour tout argument.
Rédigé par : Huggydog | 17.10.2008 à 19h18
Plutôt qu'à la chanson de Brassens (enrôler Brassens pour se féliciter d'une réincarcération me parait plus que douteux), je pense à celle de Renaud dont je me demande combien, parmi ceux qui livrent leur opinion définitive ("point barre" et compagnie...), l'ont chantée à tue-tête en leurs vertes années...
"C'est bien fait pour ta gueule,
tu n'es qu'un p'tit salaud..."
Rédigé par : PO | 17.10.2008 à 16h21
Incroyable tous les petits terroristes en herbe qu'on devine derrière tous ces messages compatissants pour un salaud qui se félicite d'avoir tué. Mais bon, comme il se disait d'extrême gauche, on a du mal à le condamner. Pas vrai? Cela aurait été un mec du FN, pas pareil. Pas vrai. Dégoûtante morale.
Rédigé par : MAO | 17.10.2008 à 14h45
No passran : De l'idéologie ... nous en manquons
C'est le symbole, non l'homme, dont parle JM Rouillan
Rédigé par : JJ | 17.10.2008 à 14h41
Ah barok, ton opinion est si commune ... si ... commune. Je suis un compassionnel qui compatit au sort des familles mais qui laisse aux familles le soin de parler pour elle-même sans avoir recour à Barok ! Fier barok si sévère avec autrui , inflexible jusqu'au sadisme . Alors j'éprouve de la compassion pour cet imbécile en taule depuis 20 ans, mais aussi pour toi Barok affligé d'une si sombre bêtise... je t'assure que la compassion c'est pas gratuit, c'est un effort généreux et altruiste pour ceux qui ne la mérite pas toujours. C'est ca la compassion, essayer de se dépasser par Amour pour son prochain. je t'embrasse fraternellement Barok.
Rédigé par : jérôme | 17.10.2008 à 14h29
@ ceux dont le petit coeur sensible et compassionnel défaille, non devant le sort des innocentes victimes froidement assassinées, mais devant celui, atroce, que les démocraties ayant aboli la peine de mort réservent aux tueurs condamnés...
L'un des problèmes d'un état de droit, aussi imparfait soit-il, c'est que les gens qui transgressent ses lois élémentaires (et leurs sympathisants) - les terroristes par exemple et autres auteurs de crimes de sang volontaires - une fois coincés, se croient habilités à se transformer en vertueux procureurs pour le sommer, cet état, de respecter dans le détail le droit qu'ils ont eux-mêmes allègrement bafoué et qu'ils envisagent clairement de bafouer à nouveau dès que l'occasion s'en présentera.
C'est un moyen de défense, certes, mais il ne faudrait quand même pas prendre l'adversaire pour un gogo et penser convaincre en prime !
Rédigé par : barok | 17.10.2008 à 13h50
Je m'associe tout à fait Fred30 (12h25) la prison a-t-elle vocation a aussi satisfaire les pulsions sadiques des lecteurs les plus abrutis de Libé ? ... a lire certains, il n'y a pas de doute.
Rédigé par : jérôme | 17.10.2008 à 13h32
Un peu de décence S.V.P et ne brandissez pas des morts qui ne sont pas les votres. --- Le système de son coté tue chaque jour des milliers d'anonymes, en France et dans le monde. De maladie, de faim, de pollution, de produits frelatés, d'amiante, de farines animales etc etc etc .... et d'égoïsme et de mépris . --- ADMETTEZ LE et LAISSEZ NOUS LE DROIT de le dire, à moins que vous ne nous laissiez d'autre choix que celui de ROUILLAN, un choix que pourtant nous refusons de toutes nos force.
Rédigé par : Leonor | 17.10.2008 à 13h24
C'est incroyable ces réactions. Rouillan a été condamné à la perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans. Ses régimes de semi-liberté, sa libération sont assortis de conditions qui semblent cohérentes par rapport au verdict.
Soit on remet en cause le système judiciaire dans son ensemble, soit on est capable d'accepter que des situations prévues par le droit puissent s'appliquer.
Que certains évènements judiciaires récents ou non puissent faire douter d'une impartialité et d'un fonctionnement parfaits ne constitue une raison pour déplacer la norme vers le n'importe quoi.
Rédigé par : Huggydog | 17.10.2008 à 13h12
Je lis les commentaires a plusieurs reprises qui disent qu il a purge sa peine. Mais comment ca il a purge sa peine? Il a ete condamne a 2 fois perpete. Ca veut dire ce que ca veut dire.
Il retourne donc d ou il n aurait jamais du sortir.
Rédigé par : marie dubois | 17.10.2008 à 13h05
a lire les commentaires certains seraient prêts pour assister à son exécution sur la place publique .........
Rédigé par : fred30 | 17.10.2008 à 12h25
Il a pris perpet.
Au bout de 23ans il pouvait demander à sortir ...
La justice n' était pas obligé de lui accorder cette demande , elle l' a fait sous condition , cette condition n' a pas été respecté par ce Monsieur , il retourne faire perpet en prison ...point barre
Rédigé par : michel92410 | 17.10.2008 à 12h24
Bravo pour tous ces commentaires... Que les familles des victimes soient toujours, disont, tristes de la perte de leurs proches, je veux bien, meme si apres 20ans les sentiments ce dissipent. En gros comme avec les sifflements de la marsellaise, on en fait trop!!! Monsieur Rouillan a fait 20ans de prison, il a purgé sa peine, il a paye son du donc foutait lui la paix! On ne merite pas de retourner en prison pour si peu, sinon remplacons notre police par la gestapo et finnissons avec cet etat de droit de plus en plus bafoué par le bon desire de notre prince...
Rédigé par : matt718 | 17.10.2008 à 12h23
Pas compris le lascar il est complice ou il a tué un PDG de Renault et un general d'armée.
Aujourd'hui rien n'a changé il y a toujours des generaux et un PDG de Renault il fait 20 ans de zonzon et nous explique que sa cause etait juste.Il croit peut être qu'il a plusieurs vies aussi con que les integristes religieux.
Oh vous les boutes feu oh vous les bon apotres mourrez donc les premiers nous vous cedons le pas mais de grace morbleu laissez vivre les autres la vie est a peu pres leur seul luxe ici bas....
A Brassens et a mediter.
Rédigé par : marco2people | 17.10.2008 à 12h18
"La liberté d'expression, que je défends corps et âme depuis des années, Rouillan l'a eu, au tribunal, il y a 2O ans"
Donc, il a eu une peine de suppression de la liberté d'expression? Sur quel texte de loi cela se base-t-il?
En fait, c'est l'arbitraire du juge : "Toi, tu peux parler; toi, tu peux pas". Le problème n'est pas que ce soit Rouillan ou quelqu'un d'autre, le problème est qu'un juge puisse décider arbitrairement de priver du droit d'expression.
Rédigé par : à à Kitty | 17.10.2008 à 12h11
La liberté d'expression, que je défends corps et âme depuis des années, Rouillan l'a eu, au tribunal, il y a 2O ans, lorsque son groupuscule composé d'assassins a tenté d'exprimer à l'aide de phrases incompréhensibles et obscures les raisons de leur massacre.
Rédigé par : à Kitty | 17.10.2008 à 11h46
Rouillan était libre de terminer sa déclaration sur "Je n’ai pas le droit de m’exprimer là-dessus". Il a tenu à laisser entendre que s'il ne pouvait pas s'exprimer, c'est parce qu'il ne pourrait le faire qu'en exprimant des regrets. Il a voulu jouer avec la ligne jaune, il a perdu. Too bad.
Rédigé par : koz | 17.10.2008 à 11h23
Il est complice de l'assassinat de 2 hommes. Et 20 ans après, il suggère qu'il ne renie pas ses actes.
Et on devrait le laisser sortir comme ça, sans rien dire. Son cas personnel m'intéresse peu, qu'il soit libre ou en prison. Mais quel message laisserait-on aux gens si on le laissait sortir? Que la vie n'est pas au-dessus de tout, qu'on peut flinguer 2 types et 20 ans après laisser croire que c'était justifié par des raisons politiques. ça me semble grave? Pas vous?
Rédigé par : tiiliii | 17.10.2008 à 11h23
Depuis quand le regret est une condition de libération? C'est écrit dans quelle loi? La liberté d'expression et d'opinion est bafouée et certains s'en réjouissent! Ca fait frémir.
Rédigé par : Kitty | 17.10.2008 à 11h21
Absolument pas d'accord avec le juge cité.
Si un meurtrier politique ne se repent pas au bout de vingt ans, cela veut dire qu'il considère toujours le meurtre comme un moyen d'action utilisable. Il représente donc un danger pour la société. Celle-ci doit en tenir compte pour se protéger.
Donc au gnouf sans état d'âme.
Par ailleurs je n'en peux plus de ces tueurs sanguinaires qui n'ont laissé aucune chance à leurs victimes et qui viennent pleurnicher par relations interposées pour obtenir des faveurs de la société qu'ils abhorrent.
Je m'inquiète aussi des dérives fascisantes d'une certaine "gauche" dévoyée dont je me désolidarise radicalement, toujours prompte à s'apitoyer sur le sort de l'assassin qui lui, est toujours en vie, même en tôle, non ? Alors que ses victimes, éliminées de façon barbare, manquent cruellement à leur familles depuis un quart de siècle, sans évidemment bénéficier, elles, et pour cause, du moindre aménagement de peine.
Rédigé par : barok | 17.10.2008 à 11h16
C'est quand même pas bien compliqué. Une des conditions pour bénéficier de son régime de semi-liberté était de s'abstenir d'évoquer publiquement les infractions pour lesquelles il a été condamné. Pas besoin d'être de l'Académie Française pour avoir compris que cette condition n'avait pas été respectée.
Pour ce qui est du regret, du repentir, je remercie Yves Lemoine de nous rappeler que, de tout temps, il y a eu des gens qui commettaient des crimes horribles et qui en étaient fiers jusqu'à la fin de leur vie. Il me semble néanmoins que s'il n'est pas obligatoire, le regret est un objectif de l'incarcération. Son absence reste un échec. Il me semble ridicule de dire que c'est "une hypocrisie sociale grave". Il faudrait envoyer les gens en prison et souhaiter qu'ils ne regrettent rien maintenant ?
Qu'il faille engager une réflexion sur la prison, son état, la santé des prisonniers, son rôle de réinsertion, ... on est d'accord mais être un ancien magistrat et tenir des propos désabusés à 2€ qui correspondent à tirer sur l'ambulance de la justice française et à surtout ne trouver aucune solution à part la liberté pour une espèce d'Hibernatus prônant la lutte politique armée pour laquelle il a été condamné et à laquelle il n'a pas renoncé moi je dis bravo.
Rédigé par : Huggydog | 17.10.2008 à 10h58
"Il a tué, pas pour des raisons vulgaires, mais comme, à la fin du XIXe siècle, un anarchiste jetait une bombe à la chambre des députés et, au moment de la guillotine, disait : “Si c’était à refaire, je le referais.” "
Ah ouais donc c'est un meurtrier, mais un meurtrier chic, intello et tout. Vous pouvez expliquer ça à la famille de la victime? Moi déjà j'ai pas compris votre déraisonnement, mais alors eux ilsvont avoir vraiment du mal je crois.
Rédigé par : Nicolas | 17.10.2008 à 10h39
Petrella : protection de Nicolas (les ritals et leur justice, il s'en fiche)
Rouillan a eu le tort de parler allez Hop bouclé, et lui pourtant il a fait et fait son temps de prison...
Le fait du prince!
allez-y les culs-terreux.
Rédigé par : marc | 17.10.2008 à 10h20
Et alors ? Les familles des 2 victimes de ce tueur ont pris perpétuité de souffrance et on en fait jamais de longs articles dans la presse.
Rédigé par : cricri | 17.10.2008 à 10h18
C'est bien fait pour lui.
Il n'a qu'à demander la ntionalité italienne et attendre que CARLA(Cécilia)SARKOZY lui rende visite pour être LIBRE.
Rédigé par : AT | 17.10.2008 à 10h13