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15.11.2008

Patrick S., peintre et écrivain, suspecté dans la disparition de deux prostituées à Marseille

FAIT DIVERS. L’homme, âgé de 51 ans, a été mis en examen vendredi pour « enlèvements et séquestrations » et écroué. Trois prostituées étrangères ont disparu depuis un mois à Marseille. Il est suspecté d’avoir été en contact avec deux d’entre elles. Une quatrième l’accuse de viols avec des sévices qui auraient duré six heures. Egalement poursuivi pour « séquestration de personne en vue de faciliter le crime de viol et le délit de violence avec armes », il nie les faits. Patrick S. était sorti de prison en 2005 après avoir été condamné pour braquage à vingt ans de réclusion criminelle.
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Une première prostituée, une Ukrainienne de 42 ans, a disparu dans la nuit du 5 au 6 octobre. Une deuxième, une Roumaine de 23 ans, dans la nuit du 22 au 23 octobre. Et une troisième, une Algérienne de 28 ans, dans la nuit du 7 au 8 novembre. Toutes trois se prostituaient dans le même quartier, autour de la Timone.

« Leurs proches n’ont plus de nouvelles, elles ont disparu en laissant toutes leurs affaires à leur domicile ou dans leur hôtel, ce qui rend peu probable l’hypothèse d’une fuite volontaire », indique samedi le Procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest.

Dans leur enquête pour les retrouver, les policiers de PJ entendent, le 11 novembre, une quatrième prostituée, amie de la disparue algérienne. A une date qu’elle a du mal à situer, fin septembre ou début octobre, après le ramadan, cette Marocaine de 24 ans prénommée Soumia a été emmenée par un client dans un appartement où elle a subi six heures de sévices. « Frappée, traînée, ligotée, menacée avec une matraque », selon le Procureur, et contrainte à des actes sexuels comme des fellations.

« Elle s’est pliée à tous ses caprices, elle a feint le plaisir, elle a surjoué, est entrée dans son jeu, l’a amadoué et a eu la vie sauve », rapporte Roland Gauze, le patron de la PJ marseillaise.

Soumia n'avait pas alors porté plainte.

Mais elle a parfaitement repéré l’intérieur des lieux qu’elle a décrit avec précision.

« Quand on y va avec elle, elle s’évanouit », rapporte le policier.

Soumia dit avoir vu, le jour de ses sévices, « un cadavre de femme dans la salle de bains » mais les enquêteurs ne savent pas si elle dit vrai.

L'homme l’a ensuite raccompagnée en lui donnant de l’argent. Il a essayé plus tard de reprendre contact avec elle, mais elle s’est esquivée.

Grâce à son témoignage, et à un homme qui apparemment connaissait Patrick S., la police municipale l'interpelle, mercredi 12 novembre à Marseille.

« Il ne s’est pas expliqué. Il a été mutique, il se considère étranger aux faits reprochés », indique le Procureur.

Son avocat, Me Jean-Jacques Campana, précise : « il fait valoir son droit au silence. »

Selon le directeur interrégional de la police judiciaire, « il est prostré, ne dit rien, regarde. Au début, on a une aimable discussion. Mais quand on arrive dans le “bois dur”, c’est fini…C’est un cérébral. Pas un personnage banal. Un homme hors norme, intelligent. »

Les enquêteurs disposent "d’un nombre sérieux d’indices matériels objectifs de culpabilité", assure le Procureur. Des traces ADN : l’Algérienne a « séjourné vraisemblablement dans son appartement ». Il était "en possession d’objets appartenant à l’Ukrainienne". La Marocaine le reconnaît comme son client « désaxé ».

A l’issue de sa garde-à-vue, il a été mis en examen vendredi pour « enlèvements et séquestrations » sur l’Ukrainienne et l’Algérienne, et pour « séquestration de personne en vue de faciliter le crime de viol et le délit de violence avec armes », pour les sévices sur Soumia la Marocaine. Ce dernier crime est passible de trente ans de réclusion criminelle.

Il n’est pas poursuivi pour la disparition de la Roumaine.

Patrick S. se présente comme chef de chantier en maladie pour état dépressif depuis un an et dix mois.

Il a été condamné en mai 1993 à vingt ans de réclusion criminelle pour vol à main armée et séquestration de personnes dans le Var.

Il a passé plus de seize ans en prison, de 1989 à juillet 2005.

Il a tenté par deux fois de s’évader, des Baumettes à Marseille en 1990 puis de Clairvaux.

Il est peintre, a exposé à la galerie Le garage à Paris, et a écrit des livres non publiés à ce jour.

« Un manuscrit a été saisi par la police chez lui, sur les serial killers », indique Me Campana.

De la fiction ? « Je l’espère », ajoute l’avocat, pour qui « son parcours ne milite pas en faveur de la thèse des faits qui lui sont reprochés ».

Il est marié et père de deux enfants de 19 et 20 ans. « Il est suivi par un psy depuis sa sortie », indique son avocat.

Selon les enquêteurs, il a conduit Soumia la Marocaine dans un appartement à cinq minutes de son domicile, au sein d’un immeuble appartenant à sa famille, dans le quartier de Saint-Mitre (13e arrondissement de Marseille).

« Il a son domicile avec sa vie de famille et un lieu de replis pour se livrer à ses travers », indique un enquêteur.

Les policiers fouillent sur place et dans d’autres lieux pour tenter de retrouver trace des prostituées disparues.

« Il y a homicide suspecté, dit Roland Gauze. Nous cherchons des disparues. Nous verrons si ce sont des corps ou des personnes vivantes que nous retrouvons.»

« Leur disparition est vraiment inquiétante », assure le Procureur.

« L’art au garage » le présentait ainsi lors de son exposition en novembre 2005:

« L’association invite le peintre Patrick S. (ancien détenu en liberté conditionnelle) à dévoiler ses œuvres au Garage : cette exposition individuelle s’intitule “Résilience”. Emprisonné pour braquage en 1989, cet autodidacte guidé par l’émotion, l’instinct et la spontanéité, affirme à sa sortie que la prison l’a révélé à lui-même. Il expose depuis 2001 dans des galeries, ateliers, cafés, salons, mairies, en Ile-de-France et à Berlin. Il gagne le Prix des Talents cachés, et Le Parisien lui consacre un article en 2005. Capable de s’exprimer dans des styles différents, Patrick S. privilégie le surréalisme qui lui permet de bâtir un monde à la frontière entre l’univers de l’enfance et une réalité rêvée. Ses thèmes de prédilection sont l’enfermement, l’évasion, la femme. »

MICHEL HENRY

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Voici les sites qui parlent de Patrick S., peintre et écrivain, suspecté dans la disparition de deux prostituées à Marseille :

Commentaires

Espérons que le monstre ayant accompli de tels forfaits, une fois confondu, se verra implicitement imputer la circonstance aggravante de s'être attaqué à des femmes privées de protection. Mais ces disparitions, probablement dues à des meurtres, soulève une nouvelle fois la question de conditions d'exercice décentes et sécurisées en France pour les prostitués.

C'est exact qu'il suffit d'une recherche très simple dans google pour trouver le nom de ce monsieur....il n'aurait sans doute pas été difficile de ne pas donner le nom de la galerie ou le titre de l'exposition, si vous vouliez mieux protéger son anonymat....et donc tut a fait d'accord avec nikoteen...

Toutes les personnes qui connaissent cette galerie d'Art et qui y sont allés en 2005 connaissent le peintre Patrick Sa.....
Effectivement c'est grotesque...

Bonsoir,

A quoi rime le pseudo-anonymat que vous croyez garantir à Patrick S. ? Les informations que vous donnez par ailleurs permettent de l'identifier dans la seconde sur le net.

De deux choses l'une, soit vous tenez à préserver l'anonymat des prévenus et vous vous assurez que sur la base de votre article le quidam moyen (moi, par exemple) ne PEUT PAS identifier la personne, soit vous mettez son nom en clair.

La mode du moment, qui consiste à cacher les visages et les noms, tout en fournissant des données permettant de cerner la personne sans la moindre difficulté, finit par être grotesque.

-nikoteen.

Pour son avocat, "son parcours ne milite pas en faveur de la thèse des faits qui lui sont reprochés". Je ne sais pas ce qu'il lui faut, à ce monsieur !

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