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16.12.2008

Grasse: les policiers épargnés par la justice après une interpellation mortelle

JUSTICE. Les deux policiers impliqués dans la mort par asphyxie de Hakim Ajimi, 22 ans, le 9 mai à Grasse (Alpes-Maritimes) après une interpellation violente, ne sont finalement pas mis en examen pour "homicide involontaire", comme le Parquet l'avait suggéré début décembre. Ils ont été entendus jeudi comme témoins assistés. « On est déçus et en colère », dit le père de la victime, Boubaker Ajimi, 50 ans. La famille appelle à une manifestation mardi à Grasse.
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Les expertises et les témoignages recueillis vont pourtant tous dans le même sens : le jeune homme est mort à la suite d’une « asphyxie mécanique » provoquée par « une compression thoracique qui correspond aux techniques d’immobilisation utilisées », comme l’expliquait le procureur de la République de Grasse, Marc Désert, début décembre.

Le magistrat détaillait : « La personne face contre terre, un policier avec un genou sur le dos, un autre qui lui porte un étranglement. »

Pour le magistrat, les policiers « n’ont peut-être pas maîtrisé ces techniques d’immobilisation traumatisantes ».

En clair, les policiers ont appuyé trop fort et trop longtemps et Hakim Ajimi est décédé.

Et le Procureur certifiait : il est « vraisemblable que l’on s’oriente vers des mises en examen » à l’encontre des policiers grassois dans ce dossier instruit pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger ».

Mais, après leur audition par les deux juges d’instruction grassoises le 11 décembre, les policiers ont bénéficié du statut de témoins assistés et ne sont pas poursuivis.

Ils avaient pourtant bien été convoqués en vue d’une mise en examen.

« Les éléments constitutifs du délit d’homicide involontaire ne sont pas réunis, estime leur avocat, Me Gérard Baudoux. Ils se sont strictement conformés à ce qu’on leur a appris. Ils ont appliqué les prises réglementaires. Aucun des deux n’a manifestement dérogé à quoi que ce soit. »

Ce revirement judiciaire inquiète la famille :

« Les policiers n’ont rien fait ?, interroge le père de Hakim.  Mais mon fils, comment il est mort ? Il s’est asphyxié tout seul ? J’aimerais bien que la juge m’explique. C’est n’importe quoi. Une justice à double sens. Ça nous fait mal. Il vaut mieux être policier que simple citoyen…Ils sont couverts. Après, on s’étonne que les jeunes ne font pas confiance à la justice… »

Un des avocats de la famille, Me Sylvain Pont, se dit "pour le moins choqué de cette application a minima de la procédure pénale" malgré des charges "largement suffisantes, voire accablantes".

L'avocat détaille: "Entre les expertises probantes et les nombreux témoignages édifiants, je me demande bien par quel miracle la justice a pu renoncer à une mise en examen [...] Si les écoles de police délivraient dans le cadre de leur formation des permis de tuer, cela se saurait!"

Autre défenseur, Me Frank de Vita envisage de demander un dépaysement du dossier : « La famille est abasourdie. Je ne vois qu’un dépaysement pour que les choses changent. »

M.H.

Lire le récit détaillé de l'interpellation.

Lire "des techniques policières en accusation".

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Voici les sites qui parlent de Grasse: les policiers épargnés par la justice après une interpellation mortelle :

Commentaires

Police partout justice nulle part

honteux

Manifestement, nous avons tous besoin d'air.
Même les membres de la police d'ailleurs; aucun être humain ne se réjouit d'en asphixier un autre. Bien à vous tous.

Admettons (simple hypothèse) que les policiers n'aient fait qu'appliquer la procédure : c'est donc que la procédure n'est pas bonne, qu'elle est dangereuse pour le justiciable et doit être immédiatement suspendue, puis modifiée. Ce serait le minimum de cohérence.
Mais essayer de faire admettre à la famille et aux quidams lambda dont je suis et qui ne connaissent pas la victime (donc objectifs) qu'il n'y a pas au moins erreur en la matière, c'est se foutre du monde.
D'un côté une juge qui embastille un journaliste pour une pécadille qui n'est même pas justiciable de prison avec sursis, de l'autre une juge qui laisse filer deux individus qui ont laissé un type sur le carreau. Merde alors c'est pas rien !
Le pharmacien qui a oublié son gamin dans sa voiture il ne voulait évidemment pas le tuer, il l'adorait et il est détruit ! Or il a pris 8 mois avec sursis, ce qu'il estime surement normal !
On marche vraiment sur la tête. Justice et police doivent être définitivement renvoyés dans leurs 22, dès lors que tant d'abus de pouvoirs se succèdent sans coup férir et sans que leur responsabilité soit engagée un instant. Il y a toujours un bon texte de loi, l'interprétation d'un règlement administratif qui va les dédouaner de leurs actes. Regardez Outreau. Le juge responsable il est toujours magistrat et payé tous les mois. Les pouvoirs attribués aux juges d'instruction (et non leur indépendance par rapport à la chancellerie) sont toujours trop importants et certains d'entre eux (elles en l'occurrence) se laissent griser. Et cela n'est pas acceptable. Le dépaysement m'apparaît indispensable.

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