L’armée s’entraîne, Marseille s’enflamme
INCENDIE. Un exercice militaire est à l’origine de l’incendie qui a détruit 1 100 hectares dans la nuit de mercredi. Lire la suite
Les cigales qui s'étaient tues dans la nuit en feu sont reparties à fond. Des Canadair en surveillance passent avec leur vol de bourdon. Tout alentour, dans ce quartier des Trois Ponts (Marseille-Est), n'est que végétation calcinée et pierre noircie.
Ce promontoire escarpé et champêtre fut un endroit merveilleux, où l'on grimpe des escaliers à pic pour admirer en surplomb toute la ville et la mer. Mais hier, le quartier pleure.
« C'est la désolation totale! », dit Brahim Haddadi, un habitant qui ironise: « On est tranquilles pour dix ans », car il n'y a plus grand chose à brûler. « Mais à quel prix? »
1 100 hectares de végétation ont cramé dans les collines, une maison a été endommagée, ainsi que cinq cabanons et une bergerie. Trois marins-pompiers, trois policiers et deux personnes âgées ont été incommodés par les fumées.
Vu le feu, ce bilan tient du miracle mais les habitants n'ont qu'un mot: « La haine ». Contre cette section de légionnaires qui, mercredi matin, a tiré pour s'entraîner des balles traçantes, donc inflammables, dans le camp militaire de Carpiagne, tout proche.
« Une faute professionnelle manifeste qui n'est pas excusable », assure le Premier ministre, en visite sur place jeudi, avec les ministres de l'Intérieur et de la Défense (lire l'article).
François Fillon prévoit des sanctions. Le chef de section du 1er Régiment Étranger de la Légion à Aubagne, responsable des tirs, a déjà été suspendu jeudi, puis placé en garde-à-vue.
Des enquêtes sont en cours, dont une judiciaire, et la réponse semble évidente: « Les balles traçantes sont interdites, pas seulement en cette période, mais par principe dans les camps du sud, sauf dérogation, explique François Fillon. Il n'y a pas eu de dérogation. Nous sommes donc en présence d'une faute. »
Le maire UMP, Jean-Claude Gaudin, évoque « une stupidité incroyable »: « C'est quelque fois criminel. Là, c'est stupide! »
Sur l'autoroute toute proche, un message clignote: « Cigarette jetée=risque d'incendie. » En ce mercredi de grand vent et de risque important, les légionnaires n'ont pas dû le voir.
Provençal un peu chauvin, Gaudin assure: « Ce n'est pas quelqu'un d'ici qui a donné cet ordre. »
Le Préfet a aussi poussé sa gueulante: l'an dernier, le plus gros feu de l'été dans la région était déjà né dans un camp militaire, à Canjuers (Var).
Cette fois, le feu s'est d'abord tapé une balade tout l'après-midi, dans la garrigue désolée du plateau de Carpiagne.
En contrebas, aux Trois-Ponts, Guillaume Guerini, 23 ans, n'y croyait pas: « Je voyais passer les Canadairs, je jouais à la console. Puis le ciel a changé dans des drôles de couleur, comme dans les films catastrophes. Puis il y a eu des cendres dans l'air. »
Tout Marseille pue alors le feu. Rien d'exceptionnel, et la vie continue avec un peu d'inquiétude nerveuse.
« Je me suis dit c'est loin. Personne ne s'est affolé », indique Guillaume. Puis les flammes étaient à sa porte. « Quand on voit la muraille de feu, ça fait peur. »
Les crêtes rougeoient comme si c'était le soleil, sauf que c'est le feu, et il danse sur les collines.
22h mercredi, chemin de Baume, 10e arrondissement, des pompiers en sueur courent et hurlent: « Envoie l'eau! » « Négatif j'ai pas d'eau! On recule les gars j'ai pas d'eau! »
Confusion, affolement, une vanne est cassée.
Il faut « défendre maison par maison ». Pas évident mais il n'y a pas le choix.
« C'est gros et ça descend », prévient un jeune.
Claire Bernard, 20 ans, pleure: « Mon jardin, c'est la colline, tout ce qui est en train de brûler! » Elle veut remonter chez elle, un pompier l'engueule: « Et vous voulez crever? »
Ici, d'habitude, c'est le paradis. C'est devenu l'horreur.
Difficile à contrôler: le feu qui s'est divisé arrive par plusieurs vallons, où il descend lentement, fait mine de s'arrêter, puis repart.
Le vent donne le tempo avec ses bourrasques tournantes.
Les 480 pompiers ont du mal dans les ruelles étroites et grimpantes.
Malin, le feu les taquine en restant dans les coins escarpés au relief tourmenté. Les pompiers doivent attendre qu'il s'approche des habitations pour l'attaquer. Rageant. Et ils manquent d'eau. Une policière municipale: « Qui a une piscine? Ouvrez les portails! »
Même si deux maisons de retraite sont évacuées dans la nuit, les autorités ne donnent pas de consignes.
« Il ne faut surtout pas céder à la panique, qui est un sinistre de plus, indique l'adjoint au maire José Allegrini. La meilleure façon de se protéger, c'est de se calfeutrer chez soi. »
Mais c'est trop effrayant!
Tous les habitants des Trois Ponts sont dans la rue, s'angoissent devant le feu qui grignote sous le Mont Rouvière (320m), prend le vallon de L'Evêque, joue avec les nerfs.
Comme un barbecue géant. L'arc s'étend dans les collines et la garrigue sur 8 km, du quartier de la Barasse (11e arrondissement) à Vaufrèges (9e).
Au petit matin, après des heures de lutte, ça va mieux. Les pompiers ont été efficaces et le vent a tourné au bon moment. Mille maisons étaient menacées, elles sont debout.
Évidemment, on s'interroge sur leur légalité, dans ces coins sans grand accès pour les secours.
« Ça m'étonnerait qu'elles aient toutes été construites avec des permis de construire », reconnaît le maire.
Tout en précisant: « Moi, je n'aurais jamais donné un permis là. »
Mais c'était si beau, ici...Encore un coin défiguré. Serge Gerri, habitant des Trois Ponts, gémit: « C'est parti pour quarante ans de repousse. »
Ça fait cher la balle traçante.
MICHEL HENRY





Les ballas traçantes sont interdites du 1er mai au 30 novembre dans les camps d'entrainement du Sud de la France .
Pourquoi l'armurerie de Carpiagne a-t-elle fourni aux légionnaires des munitions avec balles traçantes?
Pourquoi des balles traçantes sont présentes dans les munitions du camp de Carpiagne?
Rédigé par : petropolis | 26.07.2009 à 00h25
La plupart des terrains brûlés font partie du camp de Carpiagne : c'est donc aux militaires de débroussailler..., et dans le parc des Bruyères, ravagé lui aussi, tout était en bon état.
D'ailleurs, débrouissailler la garrigue, qui est faite de broussailles, vous faites comment ?
Rédigé par : ericparis11 | 25.07.2009 à 20h24
Compagnons de la braise.
Le sapeur Camembert,
Le légionnaire Rambo,
L’un sait croiser le fer,
L’autre a de bon tuyaux,
Sont, au feu, des cerbères,
Des soldats, un culot !
Que l’un fasse un impair,
L’autre répare à grande eau.
Fusil ou canadair,
Quand Marseille sent le chaud,
Pompiers et militaires
Etonnent tous les badauds...
Les uns détrempent la terre,
Soldats du feu, héros !
Les autres, le nez en l’air,
Se défilent tous, repos !
Quand les flammes obtempèrent,
Que tout est sous les eaux,
Le sapeur Camembert,
A fini son boulot.
Ben tu parles d’une affaire,
C’est tous les jours mon lot !
D’ailleurs, ça use les nerfs,
Qui me chante l’enfant do ?
Lors, fermant les paupières,
Il entend John Rambo,
Qui le berce, débonnaire,
En comptant des fagots !
http://www.lyricopoliticon.fr
Rédigé par : Attila valpinson | 25.07.2009 à 19h34
Ce Lundi 20 Juillet 2009,vers 15 heures,dans le centre ville de Marseille ,deux gangsters ont fait irruption dans la Banque du "Sud-Ouest" (dont le nouveau directeur est Mr Hippolyte Hartclupp,ancien ministre des affaires piétonnières).
Dans le hall d'entrée de la banque, les deux gangsters ont hurlé à la cantonade: "Haut les Mains,c'est un Hold-up" .
Trois "mémés" ,qui étaient tranquillement en train de remplir un formulaire, ont semble-t-il ne pas avoir entendu les hurlements de nos deux gangsters.
L'un des deux gangsters s'est approché de l'une des "mémés" en criant,à nouveau,"Haut les Mains" ; mais il semble bien que Ginette (c'est son prénom) ait entendu "donne-moi ton chien" !
Ginette hors-d'elle et complètement indigné, répondit au gangster : "plutôt me passer sur le corps,vous n'aurez pas mon chien"
et ce fut à grands coups de parapluie sur la tête,que le gangster recula vers la sortie,sans oser tirer,avec son pistolet,sur notre "mémé".
Les deux autres "mémés" (Odette et Marcelline) en ont profité pour se jeter sur l'autre ganster et à grands coups de parapluie,lui aussi recula vers la sortie
.Tous les membres du personnel de la banque ont chaleureusement félicité nos trois "mémés" ainsi que le commisaire Edmond Dugland ,qui comme à son habitude arrive toujours à la fin.
Rédigé par : PAROLIER | 25.07.2009 à 02h11
Ben, il ne serait pas possible d'offrir à ces militaires des pistolets à eau pour jouer dans leur camp de vacances ?
Rédigé par : lemf | 24.07.2009 à 16h04
Les militaires ont mis le feu ? Qu'ils replantent ! Super ! Avec les moyens qu'ils ont, en hommes et en matériel, il faut exiger qu'ils reboisent le massif de Carpiagne, tout ce qui a brulé, avec des essences variées et peu inflammables (pas de pins !), sous les instructions de l'ONF. Dans 10 ans on aura un beau parc naturel, avec des sols qui se reconstitueront grâce à l'humus des feuillus. Qu'ils construisent aussi des retenues d'eau collinaires pour capter l'eau des orages qui part à la mer, avec un système d'arrosage par goutte à goutte. Ceci les occupera utilement. Nos enfant iront se ballader à vélo dans une belle forêt où on pourra reintroduire des espèces animales adaptées. Il faut commencer cet hiver !
Rédigé par : Ultrasound Bee | 24.07.2009 à 13h57
La faute professionnelle du sous-officier est avérée, mais pas un mot sur le débroussaillage, obligatoire dans nos régions à défaut amende de 35€ mar m²...
Si ce nettoyage avait été fait par les particuliers et surtout par les services municipaux le feu de broussaille serait resté cantonné loin des maisons et des immeubles !
Faites une petite enquête la dessus-vous aurez des surprises..
Rédigé par : Gerard | 24.07.2009 à 12h34
L'entrainement de cette section du 1er RE est surement responsable du désatre humain mais aussi terrible pour la faune la flore, une carastrophe ecologique....Le responsable est directement le chef de corps de la Légion de ce camp. a mettre aux arrets de rigueur immédiatement....les balles traçantes sont "utiles" en combat reel de nuit..elles permettent£ d'ajuster" l'adversaire....mais pas à l'entrainement et de jour ce me semble, c'est une hérésie!!!
Rédigé par : escurial71 | 24.07.2009 à 11h37