Le plan de campagne de Richard Mallié
POLITIQUE. Le travail du dimanche, c’est sa marotte. En sept ans, le député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié a déposé quatre versions de sa proposition de loi pour légaliser le travail dominical dans les «périmètres à usages commerciaux exceptionnels» et les communes touristiques. Lire la suite
Jusqu’à cette dernière mouture, soumise mercredi à un vote solennel.
Pourquoi tant de persévérance sur une
question forcément polémique ?
«Parce qu’en 2002, explique Richard Mallié, j’avais acquis la conviction qu’on allait droit dans le mur avec le régime des dérogations qui avait pourtant fonctionné à Plan de campagne [zone commerciale, ndlr] depuis les années 60.» Selon lui, «la seule façon de nous en sortir, et d’en finir avec la guérilla judiciaire des syndicats devant les tribunaux administratifs, c’était de légiférer.»
Sortie des tiroirs. L’année 2002 est celle de la réélection de Jacques Chirac et de l’entrée de Richard Mallié à l’Assemblée nationale.
Dans la foulée de la présidentielle, ce chirurgien-dentiste entré en politique par la petite porte - celle du village de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), où il sera élu conseiller municipal en 1983, puis maire en 1989 - arrachait à Roger Meï, maire (PCF) de Gardanne, la Xe circonscription des Bouches-du-Rhône, que Bernard Tapie avait conquise en 1992, avant d’être déchu de son mandat quatre ans plus tard.
La Xe circonscription, c’est justement celle de Plan de campagne, près de Marseille, la plus grande zone commerciale de France, avec ses 400 enseignes et ses 200 000 m² de surface de vente.
Ouverte le dimanche depuis plus de quarante ans, elle emploie environ 3 000 personnes, dont un tiers travaille le dimanche, jour où la zone enregistre sa meilleure fréquentation.
Pour Richard Mallié, en finir avec l’insécurité juridique du régime dérogatoire était un argument phare de sa première campagne législative.
Depuis, il en fait une question de principe.
«Si on n’aboutit pas et que Plan de campagne ferme le dimanche, prévient-il, ça fera une perte sèche de revenu pour des centaines d’étudiants qui en ont besoin pour financer leurs études et des dizaines d’enseignes seront fragilisées ou fermeront… C’est absurde.»
Sauf qu’entre 2002 et 2007 sa proposition de loi n’est jamais sortie des tiroirs. «Le travail du dimanche était un sujet tabou, admet le député. Impossible d’en débattre.»
Mini tempête. Nicolas Sarkozy, en revanche, y voit un signe de modernité et de réalisme économique. Tant pis si c’est aussi un recul social.
Quand l’actuel locataire de l’Elysée promet d’autoriser le travail dominical une fois élu, le député Mallié retrouve le sourire.
Et retrouve son siège à l’Assemblée, en juin 2007, après avoir martelé tout au long de sa campagne législative qu’il ne lâcherait pas l’affaire.
En octobre 2008, il est à la fois radieux et ultraconfiant quand Xavier Bertrand vient animer une réunion dans la plus grande salle du multiplex de Plan de campagne.
Sur l’estrade, pas d’invités qui dérangent : des petits commerçants de la zone, de jeunes chefs d’entreprise d’Aix, un délégué syndical FO et le président de Génération Plan, association de salariés favorables à l’ouverture dominicale. Les délégués CGT et CFDT, à l’origine des recours devant le tribunal administratif de Marseille, ont été priés d’aller voir ailleurs.
Au micro, le ministre du Travail assure que la loi Mallié passera avant la fin de l’année. Applaudissements dans la salle.
Et poussée de fièvre à l’Assemblée, où le texte déclenche une mini tempête idéologique sur les bancs de la droite. «Quelques chrétiens, quelques collègues engagés dans les associations familiales… La plupart voteront la nouvelle version de mon texte», évacue Mallié. En homme sûr de son bon droit.
HERVE VAUDOIT




n'est-il pas un peu tard, cher Libération, pour vous occuper de ce sujet alors que depuis au moins trois ans , les juges du tribunal administratif de marseille ont rappelé à la loi l'ensemble des acteurs locaux, y compris le préfet de région PACA, sans que ce dernier n'ait compris ce que signifiait l'Etat de droit...
Où était Libération lorsque les syndicats CGT et CFDT ont bataillé et gagné devant la juridiction administrative et devant la juridiction civile fac au préfet et aux entreprises en infraction avec la loi ?
Où était Libération lorsque le préfet s'est permis de critiquer violemment les décisions de justice lui étant défavorables sur plan de campagne ?
Rédigé par: JUNON | 19 juillet 2009 à 07h59