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11 juillet 2009

Tout en excès, l’ex-maire d’Aix-en-Provence affronte les urnes dimanche

MUNICIPALES. L’élection de l’UMP Maryse Joissains avait été annulée par le Conseil d’Etat. Elle affronte quatre listes au premier tour dimanche.Lire la suite

[Actualisation résultats dimanche soir:Joissains en tête, second tour très serré]

Maryse Joissains n’a plus de voix, mais elle pétait la forme, en meeting, jeudi soir. En pétard contre l’annulation «inique» de sa victoire de mars 2008 par le Conseil d’Etat : «De la manipulation. Une lettre de cachet, un procès en sorcellerie, un hold-up !» tonnait la maire déchue d’Aix-en-Provence.

Bien qu’avocate, la députée UMP a une idée toute personnelle du respect de la justice.

En 2006, elle demandait au président Chirac la tête du procureur de la République de Marseille, traité de «magistrat politique».

Mais les barons régionaux sont avec elle : ça la ficherait mal de perdre Aix (140 000 habitants) alors que l’UMP rêve de reconquérir la région Paca en 2010.

Son probable futur candidat, Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, s’emportait lui aussi jeudi, au côté de Maryse : «C’est une victoire qu’on t’a volée !»

Puis, aux militants survoltés : «Vous allez dire à ceux qui, à tort, ont remis en cause la démocratie que c’est vous qui décidez !»

Un membre du gouvernement qui donne tort à la plus haute instance de justice, c’est curieux. Surtout que Maryse Joissains, 66 ans, et ses «aix-cès» verbaux y sont pour quelque chose.

Diable. Le 8 juin, le scrutin de 2008 a été annulé en raison de «propos et insinuations» présentant, selon les magistrats, «un caractère exceptionnellement violent».

Leur source : un tract anonyme et une interview de la maire «mettant clairement en cause la vie privée» de certains adversaires.

Dans le Nouvel Observateur du 28 février 2008, elle déclarait : «On m’a dit "Maryse, il faut que tu tiennes tes adjoints". Pensez donc… Il y a ce monsieur qui est rond en permanence ; vous n’avez qu’à demander aux chauffeurs de taxi de la ville dans quel état ils le ramènent chez lui quand il se pinte. Il y a celui qui fait le chippendale pour hommes dans une boîte, à deux pas d’ici. Il y a l’autre qui travaille au Maroc, en tout cas, c’est ce qu’il dit. Mais pour moi, si ce n’est pas un emploi fictif…»

Et, à propos d’un autre élu aixois : «On dira que c’est le fils spirituel de Gaudin. Que chacun s’occupe de ses fesses !»

L’Obs avait titré «Une campagne folle, folle, folle».

«Des propos que je n’ai jamais tenus», assurait Maryse Joissains, jeudi, précisant qu’ils sont parus «dans un journal de gauche». Le diable, pour elle qui a «toujours affronté le socialisme à mains nues» et avec succès.

Elue en 2001, réélue en 2008, Maryse la coriace adore la bagarre contre une opposition majoritaire mais divisée, qui l’accuse d’être «populiste, démago, autoritaire et clanique» : elle a fait élire sa fille Sophie sénatrice à l’automne, et employait son mari Alain (maire de 1978 à 1983) comme directeur de cabinet jusqu’en mars 2008, avec une rémunération excessive, comme l’a relevé le tribunal administratif en octobre 2008.

Mais, Maryse, ces critiques lui en touchent une sans faire bouger l’autre. Revancharde, la pasionaria du cours Mirabeau n’a qu’un thème de combat, claqué sur ses affiches : «Pour l’honneur d’une ville.»

Il s’agit de panser cette «blessure» infligée par les affreux jojos du Conseil d’Etat. Un plaisir, quand ça permet de rudoyer des adversaires «incompétents, malhonnêtes, désunis, une équipe de bras cassés et de pieds nickelés».

Missiles. Face à elle, la liste PS-Modem forme un drôle d’attelage.

Ses leaders se sont affrontés en 2008 dans une triangulaire qui a permis à Joissains de l’emporter (44,3 %), face au PS Alexandre Medvedowsky (42,9 %) et au Modem François-Xavier de Peretti (12,8 %).

Ces deux têtes de liste s’envoyaient des missiles, ils sont désormais copains comme cochons.

«En 2008, justifie le Modem Peretti, il y a eu une frustration, 56 % des gens sont restés sur leur faim.»

D’où l’union. Pour le PS «Medvé», qui mène la liste : «Les Aixois nous en ont voulu qu’on ne se rassemble pas. Ils nous ont dit : "Vous êtes les rois des cons." C’est une troisième chance, il ne faut pas qu’on la loupe.»

Cette alliance de circonstance convaincra-t-elle ?

«On a changé de ligne, on n’a pas changé de bonshommes», s’étonne Hervé Guerrera, qui, avec la liste autonome Aix Ecologie, tente de profiter du bon score des écolos aux européennes de juin (21,6 %), où ils ont devancé le PS.

«C’est une énorme aventure qui commence ! Le regard de la population sur l’écologie a changé, y compris dans les cités populaires», assure Guerrera, qui pourrait s’allier avec la liste Modem-PS au second tour.

Mais on ne sait pas ce que fera la gauche de la gauche. Elle était avec le PS en 2008 ; elle part au combat autour de Nathalie Leconte (PCF, NPA, Parti de gauche), rebutée par l’alliance avec le Modem qu’elle n’estime «pas faisable».

La cinquième liste, sans étiquette, est menée par Stéphane Salord, à qui l’on doit le recours en annulation.

Ancien adjoint de Maryse Joissains en 2001, ex-UMP, il figurait en 2008 sur la liste Modem et assure : «Au deuxième tour, il n’y aura pas une de nos voix pour Maryse Joissains.»

Alors que le FN n’est pas présent, c’est ce chaotique front anti-Joissains qui tente de renverser Maryse.

MICHEL HENRY


POUR SUIVRE LA CAMPAGNE SUR LE NET

On peut aller sur le blog bien informé de Lucien-Alexandre Castronovo.

On peut rigoler avec les chroniques de Plassans.

On peut suivre les interviews de TV 7 Provence, de Plus Belle la Ville et celles du Quart d'heure aixois.

Et on peut lire La Provence.

Commentaires

Un test national dit-on? Si c'est cette union de la carpe et du lapin que projette l'opposition au plan national, il est heureux qu'elle ait perdue!

En lisant les déclarations des divers UMP je croyais lire du Le Pen dans le texte.
Même rogne, même mauvaise foi !!!

Et contre madame, l'opposition ne trouve rien de mieux que de présenter quatre listes !
On vit une drôle d'époque, chacun pour soi et tant pis pour le résultat !

Je suis frappé par les outrance de la politique locale que ce soit à Aix, à Hénin Baumont dans le Nord où à La Défense à Paris et ailleurs.
Vous avez déjà assisté à une réunion de co-propriétaires ? Cà s'étripe à qui mieux pour des histoires de détail insignifiantes.
De même qu'au volant d'un véhicule on change d'attitude, apparemment la politique de proximité, par dialogue avec son voisin immédiat, amène à une violence passionnelle surprenante!

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