Manif à Draguignan après le non-lieu délivré à un gendarme qui a tué un homme menotté
[Lire également: les raisons d'un non lieu]
«La justice n’est pas pour nous, regrettait hier sa mère, Micheline Guerdner, en marge de la manif. Ce n’est pas normal qu’un gendarme tire sept balles ! Trois ont touché mon fils à hauteur d’organes vitaux, aucune dans les jambes: il n’avait pas l’intention de le stopper, mais de le tuer.»
Gardé à vue le 23 mai 2008 dans une affaire de vol à main armée avec séquestration sur un chauffeur routier dépouillé de son chargement, Joseph Guerdner, 27 ans, un gitan sédentarisé à Brignoles, avait été autorisé à fumer dans l’escalier de la gendarmerie.
Il en a profité, bien que menotté, pour sauter par une fenêtre, à 4,60 mètres de haut. Le gendarme a alors tiré sept coups de feu dans sa direction.
Trois projectiles l’ont atteint. L’une des balles lui a perforé le thorax, entrant par le dos et ressortant par la poitrine. Il a néanmoins eu la force d’escalader un grillage pour entrer dans une institution catholique voisine, où il est mort (lire l'article de l'époque).
Estimant que le militaire «n’a pas agi comme il aurait dû le faire», le procureur a d’abord ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire.
Le gendarme, un maréchal des logis chef affecté à la brigade de recherches de Draguignan et âgé de 42 ans, a finalement été mis en examen pour "coups mortels aggravés" et incarcéré pendant trois jours (lire l'article), ce qui a provoqué la colère de ses collègues.
Après le décès, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, a présenté ses excuses à la famille de la victime et demandé la suspension du gendarme. Celle-ci a été rapidement levée, «dix jours après les faits», selon l’avocat du militaire.
Et, au final, les deux juges d’instruction rejoignent l’analyse du procureur adjoint Philippe Guémas, pour qui le gendarme a «accompli un acte prescrit ou autorisé».
Il «n’a pas voulu donner la mort à Joseph Guerdner mais a simplement voulu le stopper alors que celui-ci s’enfuyait», estime le procureur adjoint, cité par l’AFP.
Qui ajoute : le fuyard «n’a pas obtempéré aux sommations», il «était objectivement dangereux et particulièrement déterminé».
Si bien qu’il y avait «une absolue nécessité de faire usage des armes, qui constituaient à cet instant le seul moyen permettant de le stopper».
Sa famille a fait appel du non-lieu. Pour son avocat, Me Jean-Claude Guidicelli, le fuyard, père de trois enfants, «ne représentait aucun danger, il était sans défense, menotté, et il n’aurait fallu que dix-sept secondes au gendarme pour le rattraper sans aucune difficulté».
Me Guidicelli assure qu’il n’y a eu «aucune sommation préalable».
Ce que réfute l’avocat du gendarme, Me Lionel Escoffier, pour qui cet «excellent militaire, bien noté, a fait un usage légal de son arme».
A la différence des policiers limités à la légitime défense, les gendarmes peuvent faire usage de leur arme pour arrêter un fuyard. Mais la Cour de cassation a estimé en 2003 que l’usage de l’arme doit être «absolument nécessaire» et «strictement proportionné au danger».
MICHEL HENRY





on a vu pire depuis: gamin écrasé à marseille;jeune de 17 ans tabassé pour avoir mis ses pieds sur une banquette de train;chasse à courre à la gabelle; controle routier dans un jardin privé...et ce n'est pas fini
Rédigé par : devinez | 27.11.2009 à 07h50
je ressent depuis l'avenement de ce gouvernement une emotion tres intense et partagee par d'autre de mes concitoyens:
la vraie honte d'etre français!
merci sarko!!!!!!!!
Rédigé par : bakouninevssarkus | 31.08.2009 à 21h51
C'est une sage décision. Le gendarme a fait son travail. La justice a fait le sien.
Rédigé par : yssiob | 31.08.2009 à 18h23
Je crois que pour chacun d'entre-nous il s'agit de ne pas faire de C...eries.
ça me fait toujours pester quand il y a un accident suite à une course poursuite ou une altercation qui tourne mal... suivie de la mise en cause des forces de l'ordre (pas toujours très pro je peux l'imaginer, mais qui d'entre-nous est toujours pro?)
On prend le problème à l'envers.
Celui qui décide d'emprunter un chemin crapuleux doit assumer ses responsabilités, non ?
Rédigé par : Phil | 31.08.2009 à 06h25
Si il était dangereux , comment était-il gardé?et si il était menotté, comment a-t-il pu s'enfuir aussi facilement? D'accord , il n'avait pas l'air d'un enfant de coeur, les faits parlent d'eux mêmes.Mais , de là à tuer, il y a quand même de la part d'un professionnel, un pas à ne pas franchir.Cet homme était un délinquant, mais le policier s'est pris pour un cow-boy.Il n'a pas d'excuse, même pas la perte de son sang froid.La justice doit faire son travail pour l'un et pour l'autre.
Rédigé par : casteran michèle | 30.08.2009 à 16h26
le fuyard «était objectivement dangereux et particulièrement déterminé»... déterminé à s'enfuir c'est sur ! mais s'il était dangereux même menotté il fallait mieux le surveiller... Je trouve ce gendarme bien plus "objectivement dangereux" que sa victime. Un type armé qui est à la fois aussi incompétent et aussi peu soucieux de la vie humaine, ça ne vous fait pas peur ?
Rédigé par : gigi | 29.08.2009 à 08h13
Je suis de tout coeur avec ce gendarme.
On leur demande de faire régler l'ordre sans leur en donner les moyens. Et si jamais ils interviennent on les implique pour une soi-disant "bavure".
Rédigé par : Carlo | 28.08.2009 à 20h50
@ M.Tallec
J'ai pris le temps de lire votre blog du 04/06/2008, fort bien écrit, félicitations...
Tout de même, je me permet de vous rappeler, qu'en France, la justice n'est pas rendue par les forces de l'ordre, et que même si tout semble accuser la personne interpelée, la justice doit suivre son cours...
Si on laisse le libre arbitre aux forces de l'ordre de "tirer à vue" alors que l’usage de l’arme doit être «absolument nécessaire» et «strictement proportionné au danger» j'ai bien peur de graves dérives.
Je suis un bon citoyen français, père de famille, j'ai 52 ans, mais à chaque fois que j'entre en contact avec les forces de l'ordre, je n'entends jamais dans leur ton le respect qu'ils doivent pourtant aux citoyens aux services desquels ils sont...
Oserais-je vous raconter les péripéties pour faire admettre une plainte pour vol d'autoradio !! (J'ai honte de confesser avoir du faire jouer quelques relations, pour apprendre que des consignes avaient été données de diminuer les statistiques...)
Mon fils ainé à 23 ans, il n'a JAMAIS été arreté au volant de sa voiture, il passe pourtant des heures au volant pour son travail... Parmi ses anciens copains d'école plus "bronzé" pas un qui ne se fasse arrêter au moins une fois par semaine...
Je me suis même fait "tutoyé" par un gendarme, mais lorsque je me suis présenté (je suis de temps à autre nommé comme expert devant le tribunal) le ton de ce brave pandore à changé !!!
Trop de ces membres des forces de l'ordre mal payés, mal formés, ont une attitude déplorable...
Dans ma jeunesse l'on respectait les forces de l'ordre, mais ce respect venait en retour !!
Rédigé par : Gérard | 28.08.2009 à 18h44
Condamnation il y aura, soit en appel, soit après cassation et si par extraordinaire (?) ce n'était pas le cas, Ce sera à nouveau la CEDH qi condamnera la France. Ce qui est désolant c'est cette perte de temps et une utilisation "dissuasive" de la justice contre les victimes. Ce n'est pas le signe d'un Etat de droit.
Rédigé par : Patrick Handicap expatrié | 28.08.2009 à 18h11
Décision parfaite :)
Rédigé par : Jerry | 28.08.2009 à 17h24
Et ce n'est qu'un commencement, avec la volonté du gouvernement de rapprocher la gendarmerie du Ministère de l'Intérieur, nous nous préparons des lendemains joyeux ou l'impunité actuelle de la police profitera alors à la gendarmerie.
La France un état de droit ?
La France le Pays des droits de l'homme ?
Rédigé par : Weberick | 28.08.2009 à 17h22
Je m'imagine bien la scène, avec le fuyard quelques 4 mètres en contrebas et le gendarme qui ne peut visiblement pas lui tirer dans les jambes de par l'angle impossible.
Un flic honnête, se rends compte immédiatement qu'il ne peut que tuer cet homme et décide d'aborder la poursuite autrement.
Mais nous vivons en Sarkozie, c'est à dire dans un pays avec une justice expéditive vis à vis de la délinquance des pauvres et une justice complaisante vis à vis de la grosse délinquance financière, et lorsqu'elle ne peut pas agir directement, elle se sert de son bras armée, les dirty Harry's qui existent bel et bien dans la police et la gendarmerie, preuve cette affaire, car avec un homme courant dans une cour, menotté, et un policier armé quatre mètres plus haut, ce n'est plus rien d'autre que du tir au pigeon.
HONTE A CETTE JUSTICE DE CLASSE
Rédigé par : RBWIEL | 28.08.2009 à 16h59
Je suis ravi et soulagé de cette décision qui rejoint exactement le point de vue que j'avais exprimé à l'époque. Cela fait du bien de constater que la justice sait garder son sang-froid contrairement à la Ministre de l'intérieur de l'époque qui s'était disqualifiée en ne soutenant pas ce Gendarme qui n'avait que SON DEVOIR.
Mon analyse d'alors: http://billy-tallec.typepad.fr/leblogpolitiquedebilly/2008/06/revenons-dragui.html
Rédigé par : Billy Tallec | 28.08.2009 à 16h57
Imaginez un seul unstant la scène en Russie ou en Iran.
Rédigé par : Nsele joseph | 28.08.2009 à 16h51