L'OM arrache le nul 5-5 à Lyon et repart frustré
FOOTBALL. Menant 4 à 2 à dix minutes de la fin, les Marseillais pensaient ramener de Gerland une victoire inespérée. Erreur! Lyon plantait trois buts et repassait devant, 5 à 4 à la fin du temps règlementaire. Victoire de l'OL sur le fil? Que nenni! Car l'OM égalisait à la 93', grâce à Toulalan qui marquait contre son camp....Au total, ces dix buts font la joie des spectateurs mais laissent les joueurs des deux camps plus que frustrés, alors que les deux gardiens internationaux Lloris et Mandanda n'ont pas brillé [lire le compte-rendu "Match fou et score de hockey" sur LibéLyon]. L'OM est huitième au classement, avec six points de retard sur Bordeaux, battu 2 à 0 à Lille, et un match en moins, le OM-PSG qui se jouera le 20 novembre prochain. Et le coach marseillais râle. Lire la suite
"C'est un match spectaculaire. Je pense que beaucoup de spectateurs ont apprécié. Mais en tant qu'entraîneur, pas moi !, a réagi Didier Deschamps. Il y a eu pas mal de passivité de notre part [...]. Il y a pas mal de choses à revoir [...] Lyon a du talent, d'accord, mais j'ai l'impression qu'une belle autoroute sans péage s'est ouverte. On a perdu deux points ce soir. Je suis déçu et frustré. [...] On a été déficitaires dans les duels, les courses. [...] En seconde période, on est placés idéalement mais on prend trois buts en dix minutes. C'est un scénario invraisemblable et ni l'une ni l'autre des équipes n'a pu maîtriser le match."
Marseille a montré autant de promesses offensives que de faiblesses défensives, un manque d'équilibre inquiétant avant de jouer sa survie en Ligue des champions après la mini-trêve.
« En début de saison, on avait une très bonne défense, là, on a une très bonne attaque, a noté le milieu défensif Stéphane Mbia. Maintenant il va falloir trouver l'équilibre. »
Les chiffres appuient le raisonnement du Camerounais. En août, l'OM n'avait encaissé qu'un seul but en quatre matches. Depuis, les Olympiens, qui n'avaient plus été aussi insignifiants défensivement depuis dix ans (1-5 à Saint-Etienne en décembre 1999), ont pris l'eau à vingt reprises en onze rencontres.
Devant Lyon et un Mandanda moins décisif qu'il a pu l'être, la défense n'a une nouvelle fois pas donné des gages de sûreté. La faute en revient plus aux hommes qu'au système.
En revanche, l'OM a ressorti son fusil à répétition dans la foulée du pilonnage de Zurich (6-1).
« Il y a eu des trous d'air dans le bloc défensif mais on vient de marquer onze buts en deux matches et ça c'est intéressant. On doutait parfois de nos qualités », synthétise Abriel, qui remplace la vedette argentine Lucho Gonzalez, blessé.
Le système offensif se met en place et Marseille, après les deux coups francs de l'ex-Lorientais contre les Suisses, se découvre de nouvelles forces sur coups de pied arrêtés, à l'image de ses deux buts (Diawara, Brandao) inscrits sur corner dimanche.
Surtout, pour leur troisième match de la semaine, chez un rival direct de surcroît, les Provençaux, d'abord asphyxiés en première période en milieu de terrain, sont montés en régime tout au long de la rencontre, faisant valoir la puissance et l'engagement de Mbia, Cheyrou ou Brandao.
Pour autant, l'équipe de Deschamps ne peut pas s'épargner une réflexion globale.
L'an passé, l'OM s'était déjà retrouvé confronté à pareilles interrogations après son match fou à Rennes en ouverture du championnat (4-4).
L'équipe était alors apparue coupée en deux et Hilton, qui a replongé dimanche après un mois passé à convaincre ses détracteurs, avait déjà pris le bouillon en Bretagne.
« Je ne vais pas m'entêter, il est peut-être temps de changer », a indiqué Didier Deschamps qui sait pouvoir compter en défense sur Mbia. Le chantier de Deschamps demeure ouvert. (AFP)
LES REACTIONS D'APRES MATCH
Claude Puel (entraîneur de Lyon) : « Nous dirons que nous avons gagné "aux points". Nous avons dû faire face à la puissance marseillaise car nous prenons trois buts sur phases arrêtées ou sur le deuxième ballon. C'est dommage par rapport à la générosité que nous avons eu, nous ne sommes pas récompensés à la fin. Nous rentrons un peu frustrés même si à 4-2 nous aurions signé pour un 4-4. […] Juste après le match, c'est plutôt la déception et la frustration qui prédominent. »
Stéphane Mbia (milieu de Marseille) : « Nous avons des regrets. Il ne faut pas se voiler la face. Nous méritons de gagner normalement. Nous étions menés 2-1, nous revenons, nous menons à notre tour 4-2 à dix minutes de la fin. Ensuite, nous nous faisons remonter. […] L'entraîneur a râlé après le match. Il est très fâché. Nous étions venus ici pour gagner et nous ne l'avons pas fait. A 4-2, nous n'avons pas su temporiser. »
Souleymane Diawara (défenseur de Marseille) : « Faire plaisir aux spectateurs, c'est bien mais pour nous c'est une frustration. Nous menions 4-2 face à une équipe comme Lyon à l'extérieur et ce n'est pas professionnel d'avoir concédé deux buts dans les huit dernières minutes. »
Miralem Pjanic (attaquant de Lyon): « C'était un match de fou. C'est bien d'être revenu, ça montre notre force. C'est beau pour les spectateurs. C'est juste dommage que l'on n'ait pas pris les trois points. C'est rageant. On a tout donné contre un concurrent direct, mais il ne faut pas oublier que c'était notre troisième match en huit jours après Saint-Etienne et Liverpool. »
Edouard Cissé (milieu de Marseille): « C'est rageant et très difficile de parler de ce match car je suis encore abasourdi. [...]. Je n'ai pas aimé que Lyon revienne si facilement. On leur a peut-être offert des buts. » (AFP)



Commentaires