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02.12.2009

La police de Marignane suspectée dans un décès

JUSTICE. Des policiers du commissariat de Marignane (Bouches-du-Rhône) ont-ils provoqué la mort d’un homme en lui comprimant le thorax pour l’immobiliser, jusqu’à l’asphyxier ? La question se pose depuis le décès de Karim Aouad, 30 ans, en février 2004. L’instruction redémarre. Lire la suite

Pour son avocat, MClément Dalançon, «les policiers ont tué Karim. La justice doit maintenant déterminer le caractère volontaire ou non des violences».

Le 20 février 2004, il est retrouvé par un habitant de Marignane dans son jardin. Karim Aouad est blessé, comme après une bagarre, et semble «incohérent».«Il n’avait pas toute sa raison», selon l’habitant, qui pense qu’il «a eu des ennuis» et s’est réfugié chez lui «pour se remettre en état».

Les policiers arrivent, l’interpellent et se méfient : éducateur sportif, pratiquant le karaté, Karim Aouad est atteint de «schizophrénie paranoïde».

Quand il ne prend plus ses médicaments, il entre dans des crises violentes. En 2002, le GIPN (Groupe d’intervention de la police nationale) a dû intervenir deux fois, à son domicile de Gignac (au sud de Marignane), pour une hospitalisation d’office, faisant même usage de flash-ball.

Rien de tel en ce 20 février 2004. Aouad semble perdu et répète en boucle : «Il m’a fracassé, il m’a fracassé.»

Dans la voiture de police, il ne cesse de réclamer : «Amenez-moi au commissariat !» Alors qu’on l’y conduit. C’est là que tout dérape.

Appelés pour son placement en milieu psychiatrique, les pompiers, arrivés à 20 h 57, ne constatent rien d’alarmant. Mais à 21 heures, Karim Aouad ne respire plus.

A 21 h 10, quand le médecin arrive, l’arrêt cardiaque a duré au moins cinq minutes. Plongé dans le coma, Karim Aouad décédera à l’hôpital, six jours plus tard.

Selon un collège d’experts, sa mort est due à un «arrêt ventilatoire puis circulatoire» au cours d’une contention «comprenant une compression thoraco-abdominale».

Plusieurs adjoints de sécurité sont mis en cause.

Selon un pompier, la victime était «à terre sur le dos, menottée aux bras et aux jambes avec trois policiers sur lui, dont un sur la poitrine».

Trois ou quatre policiers le plaquaient au sol. L’un avait un genou sur le thorax, l’autre «les deux mains appuyées sur le ventre», d’après un policier.

Comme Karim Aouad était agité mais pas violent, l’IGPN (Inspection générale de la police nationale, la police des polices) s’est étonnée : «Pourquoi l’avoir si longtemps neutralisé au sol, alors qu’il était suffisamment entravé et n’offrait plus de résistance ?»

Par méfiance envers un individu dangereux, pour éviter qu’il se fasse mal en se tapant la tête, diront les policiers. «Cette contention était-elle indispensable ?» demande encore l’IGPN.

La justice a beaucoup traîné. Trois juges se sont succédé, et il a fallu quatre ans pour connaître la cause exacte du décès. L’instruction a enfin pris un cours normal.

Comme la Provence l’a rapporté, la juge Isabelle Miquel, qui instruit une information pour «coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» au tribunal d’Aix-en-Provence, a entendu, depuis l’été, quatre policiers comme témoins assistés.

Ils nient tout geste fatal.

«Il a été maintenu avec force, mais c’était la force strictement nécessaire», affirme l’un. «Je ne l’ai jamais tenu au niveau du ventre», conteste un adjoint de sécurité.

L’autre affirme qu’il a n’a appuyé que sur les épaules : «Sur la poitrine ? Non ! Aucun policier n’a jamais été sur son thorax.» Aucune mise en examen n’a été prononcée.

«On veut que les policiers incriminés soient jugés», indique Nacer, le frère de la victime. Instructeur dans l’armée, il dénonce «une arrestation musclée qui n’aurait pas dû être» : «A partir du moment où une personne est maîtrisée, pieds et poings liés, il ne peut rien se passer. Il suffit de le maintenir aux épaules.»

MICHEL HENRY

Commentaires

il y a bien eu bavure quoi qu'il dise je connaissais cette personne depuis de nombreuses années et il n'a jamais été violent, certes il souffait mais n'avais jamais été menacant envers personne meme en période de crise, j'espère que justice se fera meme si j'en doute car 'ils agissent en toutes impunités !!!

Comment savoir ce qui s'est passé en lisant

"Appelés pour son placement en milieu psychiatrique, les pompiers, arrivés à 20 h 57, ne constatent rien d’alarmant. Mais à 21 heures, Karim Aouad ne respire plus."

Les trois minutes cruciales sont laissées en jachère, réduites à trois lignes, là où le reste - le subjectif - est gonflé à loisir pour attirer la sympathie d'indignations que l'on veut fédératrices.

La seule chose utile serait de savoir ce que signifie ce "arrivés à 20 h 57, ne constatent rien d’alarmant" qui dure jusqu'à 21h..?

Ils (les pompiers) ne sont quand même pas retournés à la caserne pour revenir quelques minutes plus tard... où étaient-ils alors, qu'ont-ils vu ? le journaliste (?) serait plus inspiré de les retrouver et de les interroger...!

A-t-on la police et le journalisme qu'on mérite ?

AO

On me l'a fait, par jeu et par vengeance, jusqu'à ce que ça mousse...et se termine aux urgences : les policiers sont vraiment de grands enfants...à surveiller.

A "Enclume des Nuits"
construire un pont suspendu ce n'est pas facile non plus mais si le pont s'écroule le professionnel qui l'a construit est responsable
maîtriser un individu dangereux ce n'est pas facile mais si le professionnel qui le fait tue l'individu c'est normal qu'il soit responsable
Franchement dans le cas présenté ici il faut vraiement être de mauvaise foi pour être plus "coulant" que l'IGPN elle même (cf article).
La police ne doit elle arrêter que les individus rachitiques de moins de 1m60 et tuer systématiquement les autres?

"Ah M'sieur le juge il allait se faire mal à la tête alors on l'a tué avant"

Au suivant

http://www.politis.fr/Les-Cas-Mortels-Se-Multiplierent,8789.html

éloquent!

Michel Henry,

Doit-on comprendre que l'ensemble des policiers impliqués sont des emplois-jeunes (cf. « adjoints de sécurité ») ?

Par ailleurs, le frère du mis en cause, instructeur dans l’armée, s'estime qualifié pour définir ce qui est nécessaire ou pas pour retenir un individu « éducateur sportif pratiquant le karaté [...] atteint de schizophrénie paranoïde » à propos duquel « le GIPN (Groupe d’intervention de la police nationale) a dû intervenir deux fois [...] pour une hospitalisation d’office ». Qu'instruit-il dans l'armée pour se permettre d'être catégorique et définitif ?


AntiK,

Il suffit de rappeller que les CRS ont été crées en 1944 afin de canaliser les résistants communistes, selon vous « spécialement dévoués au matraquage du citoyen lambda », pour donner une idée de votre connaissance risible de l'histoire de la police en France.
La prime au mérite pour vos errances revient avec l'évocation de la collaboration de la police française avec l'occupant nazi, comme si elle était extraordinaire alors qu'elle n'était ni plus forte, ni plus zélée, que celle des magistrats, journalistes ou même avocats (qui ont refusé pendant de longues années après guèrre de faire droit à la retraite aux juifs radiés du barreau de paris en vertu des lois antisémites de Vichy).


Jemag44,

Pouvez-vous trouver ne serait-ce qu'un seul cas de primo-délinquant, offrant des gages de reclassement social, se voyant condamné à de la prison ferme pour des violences volontaires n'ayant pas entraîné d'Incapacité Totale de Travail (ITT) en Seine-Saint-Denis ? Si ce n'est pas le cas, au nom de quelles idées de gauche réclamez vous l'enfermement de ce policier ? Etes-vous favorable à l'emprisonnement d'une manière générale ?


merlin elisabeth et sandrine,

Pouvez-vous communiquer vos coordonnées à la police. De cette sorte, ils pourront faire appel à vous lorsqu'ils seront aux prises avec un « éducateur sportif pratiquant le karaté [...] atteint de schizophrénie paranoïde ». Vous leur indiquerez la stratégie à mettre en oeuvre afin de faire cesser le trouble.

Réponse à Corbe :

1/ Il n'était pas prof de karaté
2/ Dans la cellule d'un commissariat il n'y pas de fenêtre
3/ On n'a pas à vous expliquer comment on ferait pour maintenir un individu, c'est leur métier chacun sait ce qu'il doit faire
4/ Il n'était pas violent

Nous ne sommes pas antipolicier mais antiviolence, ce n'est pas pareil. Mon frère Karim aussi était un simple citoyen qui demandait à être conduit dans un commissariat pour être en sécurité et non pour être tué !!!

La France du 20éme siècle a toujours été un état policier brutal et répressif. Son histoire est jonchée d'épisodes peu glorieux : depuis la répression des mouvements pacifistes dans les années 1910 à la collaboration plus qu'active des forces de police avec l'occupant allemand pendant la 2nde guerre mondiale, l'implication d'anciens policiers et militaires dans la création de l'OAS, les ratonnades des années 80, la création du corps des CRS, spécialement dévoués au matraquage du citoyen lambda, la répression du soulèvement kanaks; l'attentat contre le Rainbow Warrior; le noyautage des syndicats policiers par l'extrême droite, la criminalisation des sans papiers et de leurs soutiens.. la liste est trop longue pour continuer.. Je n'ai pas attendu les récents événements pour avoir honte d'être français !! Le pire c'est d'entendre nos dirigeants prétendre que la France reste la terre des Droits de l'Homme : quelle hypocrisie ! Je terminerai par cette citation :

"Une société prête à sacrifier une partie de sa liberté contre la sécurité ne mérite et n'obtiendra ni l'une ni l'autre."

Ils ne l'ont ps tapé, ni passé a tabac, ni torturé, ils l'ont maintenu au sol (ce que dit l'article). C'est bien beau d'être antiviolence, mais comment faire pour maintenir au "calme" et en sécurité" un prof de karaté.
Il était maintenu menotté? la bonne affaire il y en a qui saute du 4éme étage menotté...

Faudrait que tout ces indigné sur la police m'explique comment il ferait pour maintenir un individu violent et manifestement pas dans son état normal....

Arrêté de croire que la police est impunis, il n'ont même plus le droit de faire leur travail. Vous leur reprocher qu'il n'y a pas de justice parce qu'il ne sont jamais puni, elle est belle votre notion de démocratie, vous voulez simplement punir des citoyens (si si ce sont des citoyens) simplement parce qu'ils sont policiers (même si un tribunal a jugé qu'il été innocent)

La victime devait être déjà malade. Ce n'est pas le fait de lui avoir pressé le thorax qui a causé la mort. Evidemment.
Rappelez-vous Malik Oussekine.
Et pour ceux qui croit qu'il y a encore une justice en France, je leur conseille de regarder le documentaire sur la justice, celui qui est diffusé en ce moment sur Canal+. Les pauvres, ça va leur foutre un coup au moral.
Allez! A plus.

Chère marie,

peut être que notre chère police a les mêmes opinions que vous et souhaite vous aider en frappant (si ce n'est plus comme dans ce cas la) ces personnes qui vous font si peur...
La question est plutôt: pourquoi les cas de bavures touchent principalement des personnes aux noms d'origines maghrébines.
La police raciste?! Vu que vous démontrez qu'une bonne partie des français les bel et bien, ça ne serait pas très étonnant.

Comme pendant chaque gouvernement de droite les bavures et les décès en G.à.V s'accumulent ! Et lorsque que l'on constate que des policiers qui ont été filmés en train de tabasser un pauvre mec à la courneuve , n'ont pris que du sursis , on est en droit de s'interroger !?! Comme à son habitude "alliance " monte vite au créneau pour nous sortir un blablabla basé sur le non respect des forces de police par la jeunesse ! Mais comment voulez vous respecter des gens censés représenter l'ordre , lorsque l'on assiste à se genre de fait non punis ...Et le pire dans tout ça c'est qu'ils vont continuer d'exercer leur profession un an après ! ! ! La France est devenu depuis dejà quelques années un pays de répression et d'inégalités grandissantes un peu plus tous les jours et à mon avis cela ne va pas s'arranger avec les mesures que va décrêter Exhorte feu !Et tout ce blabla est juste une préparation psychologique des Français à l'envoi de nos enfants en afghanistan ! ! ! Après les régionnales bien sûr ! Car déjà qu'ils ont redécoupés les régions pour mieux semer le trouble et surement mieux pouvoir magouiller les votes des français à leur avantage ... Comme après chaque crise financière , il faut trouver des boucs émissaires et s'en prendre aux ... étrangers ... ça , ça n'est tristement pas nouveau ! J'ai honte de vivre dans ce pays et si on m'en laissai les moyens , je m'en irai loin d'ici avec les miens même si certains disent que ce n'est pas mieux ailleurs ! Le danger islamiste est éxistant , mais en théorie notre pays est très bien protégé contre leurs méfaits et toutes les groupuscules sont "cadrés " y compris les soi-disant mouvements d'ultra gauche , histoire de mettre la petite graine dans la tête des Français . . . Voir un gouvernement mentir et organiser des faux témoignage pour satisfaire un électorat qui a déjà porté le roi sur son trône est plus que scandaleux !!! Et qui à pouvoir à arbitrer ces manipulations ... Personne ! Où allons nous ...

les policiers vont tjrs trops loin, il semble quimbu de leurs pouvoirs ils se defoulent de leurs haine and frustation sur leur victime ce genre dhistoire arrive de plus en plus souvent et les flics sen tirent tjrs la justice nest pas pour eux. je me souviens en 1968 alors que nous netions que des enfants qui manifestions les avoir vus prendre a coups de poings dans le ventre une jeune femme enceinte !

Je suis stupéfiée par le nombre de mis en cause avec nom maghrébins dans tous ces faits divers; en fait on ne voit jamais de prénoms ou noms français. La France n'aurait-elle que des problème avec les hommes du sud de la méditerranée?

comment être inflexibles sur la sécurité si la police peut en toute impunité commettre des bavures ?
la cohérence est nécessaire, et on aimerait bien qu'une fois sarko (ministre de l'intérieur à l'époque) ou autres représentants de la sécurité prennent fermement position sur ce sujet.

«Il a été maintenu avec force, mais c’était la force strictement nécessaire», Quelle horreur !
C'est comme cette maman qui, devant sa fille, a été en garde à vue assez brutalement, car elle n'avait pas ses papiers (JT d'hier), je suis dégoutée ...

ça ne doit pas être facile tous less jours pour interpeller un individu pour les policiers, gendarmes,mais il est facile de les accuser de tous les maux,faut attendre ce que la justice déclarera, avant de porter un jugement

AKIM,y fait pas bon d'être auvergnat dans cette région de notre belle france policière.

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