A Marseille, une structure pour ados cancéreux ouvrira en 2011 à l'hôpital Salvator
«Les cancers chez l’ado sont certes peu nombreux : autour de 700 par an [sur 320 000 cas, ndlr]», précise Dominique Maraninchi.
En majorité, ce sont des maladies de Hodgkin, des leucémies aiguës, ou des cancers de la thyroïde, voire des lymphomes. «Pour les deux tiers d’entre eux, poursuit Dominique Maraninchi, ils sont curables.»
A Marseille, dans l’«Espace méditerranéen de l’adolescent» qui sera installé à l’hôpital Salvator, l’idée est d’ouvrir encore plus le lieu pour s’occuper des adolescents après la phase lourde du traitement.
Dans cette unité, la plupart
des jeunes relèveront du cancer, mais aussi d’autres maladies : diabète,
anorexie…
«On va fonctionner dans un désordre absolu, imagine Marcel Rufo. Le but, c’est d’offrir de la musique, du théâtre ou du cinéma pour aider l’adolescent à repartir, accueillir le meilleur ami ou la fratrie.»
Et
il note : «Vous savez, ils ont du mal à guérir de la guérison.»
«Guérir n’est pas facile, poursuit Dominique Maraninchi. Le jeune va vivre plus de cinquante ans avec ce souvenir.»
Puis le cancérologue redevient expert : «En matière de traitements du cancer, nous sommes aujourd’hui sur des stratégies thérapeutiques très individualisées. De ce point de vue, les ados peuvent représenter un modèle. D’autant qu’il faut mettre de la souplesse dans notre organisation de soins. C’est parfois ridicule :à 14 ans et demi, vous êtes en pédiatrie, à 15 ans avec les adultes.»
Et d’ajouter : «Chez les ados, il peut y avoir aussi de vrais problèmes d’observance. Leurs traitements et leurs prises en charge, ce sont de l’horlogerie fine. En y travaillant, le taux de guérison peut encore augmenter.»
«Notre idée, c’est de centrer bien plus sur les ados que sur la maladie», tempère Marcel Rufo.
Pour Damien Dubois, de l’association Jeunes Solidarité Cancer, c’est une nécessité. «Quand on a 17 ans, ce sont les études chamboulées, les sorties supprimées, les bêtises qu’on ne peut pas faire, et plus tard les lourdes surprimes d’assurance quand on veut acheter un premier logement. C’est la double peine.»
ERIC FAVEREAU




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