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01.03.2010

Frechus Magnificus, un portrait de Georges Frêche

ELECTIONS DES 14 ET 21 MARS. Et si la dernière saillie du multirécidiviste du dérapage était calculée ? Une stratégie du président sortant du Languedoc-Roussillon pour semer la zizanie et choquer «les cons». Portrait d’un élu truculent, paillard et égocentrique. Lire la suite

Le sketch s'appellerait « Frêche et les cons ». Chevalier paillard de la politique, Georges Frêche, 71 ans, dit des conneries, et les « cons », comme il qualifie ses électeurs, l'élisent. 37 ans que ça dure. Jusque quand? Pour l'heure, il publie un bouquin. « Mon premier titre, c'était "Assez de conneries". » Il en sort tellement qu'il a changé, pour Trêve de balivernes.

« On m'a cloué au pilori depuis deux ans. Ou je me tuais, ou je me marrais. Alors, je me marre. » Et il se poile. A mort. Oh con! « Con à Toulouse [d'où il vient], ça veut dire virgule. J'emploie le mot con au détour d'une phrase. Je suis un con parmi les autres. C'est pour ça que je suis élu. »

Dans sa dernière sortie, l'élu divers gauche, exclu du PS en 2007, a raillé Laurent Fabius et sa « tronche pas catholique », amenant le PS à lui retirer son soutien aux régionales, et à lancer une liste socialiste derrière Hélène Mandroux.

Depuis, le Roi Georges, président sortant de la région Languedoc-Roussillon, joue les victimes. Pour Jean-Pierre Grand, député UMP de l'Hérault, la décision du PS est tout bénef pour lui: « Ils lui ont fait sa campagne. C'est un grand moment. »

Devenu vedette nationale, Frêche biche: « Je fais même les people. Voici, Gala, les télés belge, suisse... On croit rêver! » C'est la top éclate, Frechus Magnificus. « Ma tête est mise à prix. Mais plus on me fait ces procès d'intention, plus je monte dans les sondages. Ils peuvent continuer leurs imbécillités. » Aubry la première, qui l'a sanctionné. Il répète en boucle: « Merci Martine. Je l'aime. D'ailleurs, j'ai toute la collection: Martine à l'école, Martine plante des fleurs... » Frêche rigole. Puis s'arrête: « On m'a dit: pas de polémique. »

Sur scène, il se révèle. Montpellier, 16 février, 15h. La salle Rabelais accueille ce Pantagruel claudiquant pour un show gratuit devant le public de l'UTT (Université du tiers temps), 200 personnes, têtes grisonnantes, conquis d'avance. Il y a un peuple de gauche, cultivé, qui vote Frêche. « Il est exceptionnel, soupire une dame. Il parle, il vous prend. »

Une retraitée: « Je bois ses paroles. Un homme remarquable, un orateur très érudit, il a une connaissance extraordinaire! Mais il ne peut pas dire un mot, tout est interprété de façon odieuse. » Claude Bracq, 72 ans, retraitée de l'Education nationale: « On viendra encore plus souvent pour le soutenir. On se fout de nous! A Paris, ils montent tout en épingle. Si Martine Aubry maintient l'exclusion, je ne vote plus socialiste. Nous sommes scandalisés. Elle tue le socialisme! Ils agissent comme les communistes de l'URSS. C'est de l'acharnement. C'est lui qui a fait renaître la Région. Il a tout fait. »

Le voilà qui monte sur scène.1,92m et plus de 120 kilos, appuyés sur une canne et un collaborateur. Son corps est à la ramasse, affaibli par un rétrécissement du canal lombaire opéré cet été et une hanche à remplacer. Mais son oeil pétille et son cerveau bouillonne pour deux heures de causerie, sans notes.

Le sujet (les États généraux du Languedoc au XVIIIe siècle) n'est abordé que cinq minutes avant la fin. C'est un festival de modestie. « J'ai toujours eu le premier prix d'histoire. Les autres aussi. » Rires.

« J'ai formé deux tiers des fonctionnaires de Languedoc-Roussillon qui sont passés entre mes pattes », lors de ses cours (histoire du droit et des idées politiques) à la fac. « Quand j'entends "qu'est-ce qu'on s'est régalés à votre cours d'histoire", je suis l'homme le plus heureux. Quand on vient vous écouter pour le plaisir, vous êtes le maître du monde. »

Le verbe est son arme. Il peut être fin et graveleux, drôle, intarissable: mettez des micros dans son cercueil car mort, il y parlera encore. Quand Frêche évoque Mao, on dirait qu'il se voit en grand timonier. « J'ai lu au moins cinq biographies de Mao. C'est de plus en plus sévère. Au début, c'est un chef lumineux. A la fin, un bandit, un voyou, un malade sexuel. »

Il parle de Deng Xiaoping. « Deng m'a dit: "M. Frêche, vous savez pourquoi il y a peu de juifs en Chine? Car on est meilleurs vendeurs qu'eux!" »

C'est un phénomène de foire, mieux que la femme à barbe ou le montreur d'ours. « La plupart des gens qui nous informent sont incultes. A Canal plus, il y a toute une série de journalistes d'une inculture somptueuse! Aphatie en tête! »

Il insiste: « Les gens de culture, c'est 0,1%. Les autres racontent n'importe quoi. » Frêche et les cons.

Une tchatche pareille, on n'a vu que Le Pen pour l'égaler. Il dit que sa logorrhée sert à « rectifier les imbéciles »: « Tout ça vous rendra moins bêtes que l'air ambiant. » Il fait rire, s'égare. « Mahomet est mort en 634. Ah non, 632? Bon, je "m'ai trompé" de deux ans. Je baisse ma note de trois points. Mais j'ai pas de papier, hein! J'ai pas l'Alzheimer précoce! »

Ça part dans tous les sens, des formules à l'emporte-pièce. Clovis? « Un mec finaud. » Rolland? « Un preux et un gros baiseur. » Henri IV? « Un mariole. » Il piaffe de sortir des conneries à la Audiard mais se méfie: « Ils sont partis, la presse? Non! Alors, je vous raconterai ça une autre fois. » Puis il récite Victor Hugo. « Quand j'étais étudiant, j'allais raconter des vers en boite de nuit. Je connais des milliers de vers. J'ai une mémoire d'enfer. »

Son ego est aussi enflé que son tour de taille. Mais c'est sous la ceinture qu'il travaille le mieux. En privé, et parfois en public, il adore se vautrer dans la fange. En même temps, formé à HEC, il ferait une réunion tupperware, on repartirait le coffre plein, ravis de s'être fait avoir.

Il cartonnerait aussi aux Grosses têtes. Il pourrait y avoir des questions comme: « Comment dit-on: "Je m'en bats les couilles", en grec ancien?» Grosse tête, l'agrégé de droit romain en 1969 l'est. Tête à claques, aussi. Mais la claque, pour l'instant, est dans la salle Rabelais: « Remarquable. » « Quel homme! » « Oh quel après-midi! On n'est jamais déçus! » « Fascinant! » « Je l'aimais déjà avant. Je l'aime encore plus! »

Un homme regrette: « D'habitude, c'est plus cru. Mais c'est à cause de la presse. » Une fan reconnaît, à propos de la tronche pas catholique : « Faut être honnête. Si quelqu'un de droite avait dit ça, tout le monde aurait été dans la rue. »

Mais là, c'est Frêche. Bizarrement, comme il est de gauche, on lui passe tout. La polémique n'est qu'« un grain de sable dont on fait une montagne ». La faute aux journalistes, « qui en rajoutent, tirent une phrase du contexte ». Les odieux, c'est toujours les autres.

Le scrutin régional des 14 et 21 mars lui semble promis, selon les sondages, malgré un bilan à la Région critiqué par ses adversaires, sur les frais de communication, les territoires délaissés ou les transports. Ex du FN, Jean-Claude Martinez, également candidat, prédit: « Ça va être un tsunami. L'électorat du Front National est mangé par Frêche. Il va raser tout. Il n'y a plus de campagne. Tout porte sur le personnage. Je suis atterré. »

La vedette Frêche réjouit son entourage. « On avait choisi une campagne starisée. C'est réussi! », s'emballe Frédéric Bort, directeur de cabinet à la Région. Pour lui, « son charisme est plus un atout qu'un inconvénient ».

Surtout quand il joue le « peuple » du Sud contre « les donneurs de leçons parisiens ». « C'est un référendum pro ou anti-Frêche, et on a le bon mec, il crée le buzz! », assure Laurent Blondiau, son directeur de la communication à la Région.

Certes, Frêche est vécu comme un « multirédiciviste » du dérapage. « Je lui ai dit: "Vous avez un bracelet électronique". Mais ça ne l'amène pas à se taire », indique Blondiau. Bort y voit un avantage. « Il est prof d'université, a fait HEC, mais choisit toujours de s'exprimer de manière vulgaire et populaire. C'est une façon de se rendre attachant: il a plein de diplômes mais parle comme les gens. C'est un type pas formaté. Il pique des colères. Ça le fait parfois apparaître comme un type de droite, violent, caractériel. Mais il sort du lot. »

Pour Elyett Hermann, gaulliste, qui a travaillé douze ans à ses côtés et se présente sur la liste UMP, « s'il provoque et menace, c'est pour cacher sa grande faiblesse. Il est lâche, usé, diminué, très seul. Les amis, il les a perdus. Il a insulté les fidèles. Il n'est pas antisémite, il est anti-tout, a du mépris pour tout. Il a la violence, pas le courage. »

L'homme tient en deux mots, selon Christine Lazerges (PS), qui fut son adjointe à la mairie: « Son fonctionnement est fondé sur le mépris et l'humiliation. Il a toujours besoin d'être seul en scène. Ce n'est même pas de l'égocentrisme, c'est de l'égotisme. Il est totalement prisonnier de lui-même. Il affirme vouloir mourir sur scène. »

L'ancienne député, candidate sur la liste Mandroux, note un changement de comportement: « Son surmoi a fondu. Des verrous ont sauté. Vous l'avez à nu. Le cumul des mandats dans le temps, c'est une catastrophe. »

Car 37 ans comme élu, forcément, c'est trop. « Ça n'existe nulle part, dans aucune démocratie! », peste Christian Assaf, qui fut son directeur de cabinet avant de passer chez Mandroux. Frêche ne voit pas le problème: « C'est simple, les gens m'aiment.»

Député en 1973, maire en 1977, pour cinq mandats, jusqu'en 2004, il a fait décoller Montpellier, avant de devenir président de Région depuis 2004, également patron de l'Agglo, la communauté d'agglomération. « Il a un très bon bilan comme maire, mais il en a fait un droit de vie et de mort, et celui de s'affranchir de toutes les règles démocratiques, déplore Assaf. Et il n'a pas compris que le monde a changé. »

Frêche a surtout une capacité rare à rebondir. N'importe quel homme politique, à part Le Pen, aurait été marginalisé après ses dérapages de 2006.

Il y a eu les deux harkis traités de « sous-hommes », car coupables de ne pas le soutenir après qu'il les eut aidés, en vertu de son habituel clientélisme. Puis Frêche a déclaré qu'il y avait trop de noirs dans l'équipe de France de foot. Il reconnaît: « L'affaire des harkis m'a fait beaucoup de mal. Ça m'a pris deux ans à remonter. »

Mais il a été relaxé en appel sur un défaut de procédure, et jamais poursuivi pour les noirs. Pas de conséquence, donc, sauf l'exclusion du PS.

Ecolo et fidèle du frêchisme, Yves Pietrasanta assure: « Ce n'est pas un ogre! Il y a peut-être des petits trucs de comportement à lui reprocher. Mais ce n'est pas justifié de le tuer. Ni de le traiter de Mussolini comme fait Dany Cohn-Bendit! » Frêche soutient qu'il parle juste « le français populaire ». Christine Lazerges corrige: « Mais c'est injurieux pour le peuple! Le peuple parle infiniment mieux que lui!»

Il a remis ça fin 2009, pour moucher son vieil ennemi Laurent Fabius, coupable d'avoir déclaré, le 20 décembre, sur France 5: « Est-ce que si j'étais moi, électeur [en Languedoc-Roussillon], je voterais pour Frêche au premier tour, je n'en sais rien (…). Je n'en suis pas sûr. »

Frêche lui rétorque, deux jours plus tard, en conseil d'agglomération: « Si j’étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si je voterais Fabius. Je m’interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche pas catholique. Ça fait rien mais peut-être que je voterai pour lui mais j’y réfléchirais à deux fois. » Puis, aux journalistes: « Notez, là haut! »

La phrase ne fait pas de vagues jusqu'à ce qu'elle ressorte dans L'Express, le 28 janvier. Le PS désavoue alors les listes Frêche. Il se marre: « Ça m'interdit quoi? De mettre le sigle du parti? Mais on ne l'avait pas. » 58 colistiers ont été temporairement exclus, mardi dernier. Un proche assure: « Tout ça, c'est de la farce. »

Et lui jubile. « On a essayé de m'assassiner. Trop c'est trop! Transformer Georges Frêche en antisémite, ce serait comme faire de Mandela le leader de l'apartheid. Pas crédible. Ça s'est retourné à mon avantage. »

Antisémite, cet ami d'Israël? « Certainement pas, répond Christine Lazerges. Pour Laurent Fabius, il a cherché la formule la plus humiliante, en parlant de "mec" et de "tronche". »

Selon elle, Frêche « traîne les gens dans la boue quand il ne sont pas là, il ne l'aurait jamais dit en face ». Pour Jacques Molénat, auteur de l'article dans L'Express, « cette phrase, il a voulu qu'elle soit connue ». Car Frêche vise l'électorat lepéniste dont il a besoin pour gagner. « C'est un allumé de l'électoralisme, affirme Molénat. Pour faire les voix, tous les moyens sont bons. »

Le FN, il ne le drague pas officiellement. Mais il fait, depuis son élection à la mairie en 1977, les yeux doux aux pieds noirs. Bien qu'anticolonialiste à ses années étudiantes, puis brièvement maoïste, « il est l'héritier de la gauche colonialiste façon troisième République. Son sentiment de supériorité paternaliste envers l'immigré africain explique beaucoup de ses dérapages, assure Silvain Pastor (Verts). C'est un cas pathologique de potentat finissant. Il n'a plus d'amis, que des clients. Il sait tout, contrôle tout, réfléchit pour les autres. Je le verrais bien à la tête d'une junte sud-américaine. Il se prétend rempart contre le FN mais parle comme Le Pen, avec qui il a bien des points communs. »

Un Le Pen de gauche? Frêche conteste: « Ah non, c'est ridicule. Si ça veut dire parler la langue du peuple, c'est la seule corrélation. » Il réfléchit: « Parler direct, c'est être Le Pen? Extraordinaire! Je le connais depuis la corpo et la fac de droit à Paris. Je l'ai toujours combattu. Et ici, il n'a jamais dépassé 11%, grâce à mon action. »

Alain Jamet (FN), qui l'a affronté trois fois aux municipales, confirme: « Frêche prenait au Front un tiers de ses électeurs. On a fait chaque fois 11%. Six mois plus tard, dans une cantonale, sans lui, je faisais 18%. »

Jamet connaît le bonhomme. « C'est un dictateur. Tout le monde est con, sauf lui. Il explose pour un rien. Il est roublard et ne peut résister à un bon mot ou une attaque perfide. Mais je n'ai jamais été traité de con. Je crois que je suis quasiment le seul. »

Pourtant, Jamet le pratique depuis sa première législative gagnée, en 1973: « Il est venu nous demander de nous désister pour lui. Je n'ai même pas accepté de le recevoir. » Sur le fond, admet l'élu FN, Frêche est populiste, « avec un grand P ». « Pour moi, ce n'est pas un défaut. Il est proche du peuple comme nous le sommes. Maintenant, il se régale. Il s'est transformé en victime. »

Et d'abord du PS, un parti dont on sait ce qu'il pense: il a écrit en 2007 un livre titré Il faut saborder le PS. Il résume: « Je suis né socialiste, je suis à gauche et je mourrai à gauche. Mais les socialistes ont perdu les voix des ouvriers. Ils n'ont que les voix des bobos. Nous, on a gardé la confiance des gens simples. »

Bien que hors du PS, il y pèse: les cadors socialistes viennent faire la danse du ventre devant les milliers de cartes de militants qu'il contrôle et qui lui ont permis d'être adoubé tête de liste à 90%, en décembre. « J'y ai beaucoup d'amis: Peillon, Collomb, Guérini...Si Martine Aubry quitte son poste, le prochain premier secrétaire sera un ami à moi. J'ai d'ailleurs beaucoup d'amis qui sont candidats pour la présidentielle. Mais ils ne vont pas le dire maintenant. »

On peut les deviner à travers son tiercé pour 2012: dans l'ordre, DSK, Royal, Hollande. « Mais ça peut varier. » S'il n'a « pas envie de revenir au PS », il jubile d'y semer la zizanie. Se prétend « anar, un peu beaucoup, Ni Dieu ni maître ».

Forcément: au-dessus, il y a Frêche, un surdoué jamais contredit, élevé par sa grand-mère et sa mère. « Ma mère était socialiste jusqu'au bout des ongles. Il fallait que je sois toujours premier, sinon c'était une baffe. J'étais premier partout. »

Modeste, toujours. De son père militaire, il a gardé l'amour du combat. Conseiller général PS de l'Hérault, Philippe Saurel, un fidèle, voit en Frêche un « homme des Lumières, despote avec les traitres, pas avec les gens qu'il respecte ».

Et assure que Frêche a comme devise: « L'épée l'emporte toujours sur le bouclier. » Son socialisme est un art de combat, semblable à celui de Defferre à Marseille. Le commerce des idées y est secondaire, car elles entravent l'action. La politique s'y vit en deux phases: conquérir le pouvoir puis le conserver. Autocrate? « Mais construire un fief, le contrôler, c'est le b-à-ba de la politique! », rappelle Laurent Blondiau, son dircom.

C'est pourquoi, dans un clientélisme aussi affiché qu'efficace, il subventionne communautés et élus de tous bords. Et ravit des gens de droite, comme Jean-Pierre Grand, député UMP villepiniste de l'Hérault, qui assure: « C'est un grand aménageur. Ça plaît aux gens de toutes tendances politiques. Après, il fermerait sa gueule de temps en temps, ça ne lui nuirait pas. Mais ça ne remet pas en cause son action globale. Tout le monde se fout de ses dérapages. »

La vie sous le frêchisme est simple. Il y a ceux qu'il arrose, et les autre, qu'il trucide. Frêche « est fondamentalement violent, et se laisse piéger par sa violence », dit Molénat.

« Ceux qui sont contre moi, ce sont ceux que j'ai créés, inventés, remarque Frêche. Ils me doivent tout. On n'est trahis que par les siens. »

Prenez Hélène Mandroux, la maire qui lui a succédé en 2004, qu'il a traitée de « conne », et qui ose se dresser contre lui aux régionales. « Si on la laisse maire quatre ans de plus, la gauche perdra la ville. Remarquez, faut bien arrêter un moment. En 1977, la gauche toute mouillée faisait 45%. J'ai raflé 6% de la droite pour faire 51%. J'en ai fait une ville de gauche. Mais faut pas croire que c'est éternel. »

Il n'a qu'une fêlure: n'avoir jamais été ministre. Il prétend que Mitterrand l'a « barré ». La gaulliste Elyett Hermann en doute: « Vous pensez qu'un gouvernement se serait privé de lui s'il avait les qualités reconnues? Personne n'en voulait. »

Christine Lazerges (PS) renchérit: « Il aurait pu faire une carrière nationale s'il était construit psychologiquement de manière différente. Mais il ne peut travailler en équipe. Partager et surtout partager le pouvoir, pour lui, c'est radicalement impossible. »

Aujourd'hui, le temps presse. « Les jours du système, qui ne reposent que sur lui, sont comptés », dit Christian Assaf, son ex-dircab. Frêche tempère: « J'ai encore devant moi cinq à dix ans. » Il compte les vivre à plein. S'il est réélu, il prévoit « un petit tour de France pour dire quelques vérités ». Comme celles enregistrées en 2008 par un étudiant (1)?

Frêche expliquait: « Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les "engraner". J’engrane les cons avec ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, ça a un succès de fou. Ils disent: "Merde, il est marrant, c’est un intellectuel mais il est comme nous." Quand les gens disent: "Il est comme nous", c’est gagné, ils votent pour vous. »

Bouquet final: « Les cons sont cons et en plus, ils sont bien dans leur connerie. Pourquoi les changer ?[...] Mais les cons sont souvent sympathiques, moi je suis bien avec les cons, je joue à la belote, je joue aux boules. Je suis bien avec les cons parce que je les aime. » Frêche et les cons, le sketch continue.

MICHEL HENRY

Envoyé spécial à Montpellier

(1) Disponible sur www.perpignan-toutvabien.com


A LIRE

Le marigot des pouvoirs. Jacques Molénat. Éditions Climats, 2004.

Frêche se démasque. André Ferran (édité par www.chicxulub.fr).

Trêve de balivernes, pour en finir avec l’hypocrisie. Georges Frêche. Éditions Héloïse d'Ormesson.

Commentaires

Pas besoin d'en dire long, regardez et faites vous votre propre opinion...

http://www.wat.tv/video/georges-freche-fabius-harkis-26xb7_26xb9_.html

"Grand" meeting de la liste Mandroux hier soir a Nimes avec Delanoe 150 personnes ,A Beziers avrc M Lebranchu 70 personnes , quand vont ils arreter de se ridiculiser ?que vient faire Delanoe dans cette galere !
pour comparer un meeting de la liste Freche (sans lui) a Clermont l'herault 800 p ,avec Freche 850 elus de l'Aude,dans les PO.1500 etc..Ou est le probleme chers dissertateurs ?

@wam: "l'immonde chose obèse et visqueuse" attention dérapage verbal! discrimination!

@tous: quant au ton condescendant et méprisant de cette caste que constituent désormais les "parisiens", et à laquelle il est si hype d'appartenir, c'est une attitude paternaliste et avilissante, guidé par le complexe de supériorité sociale et intellectuelle que développe la population éclairée de la capitale,une attitude donc qui a tout en commun avec les fondement de la pensée colonialiste selon moi.
dsl mais nous ne sommes pas des ignares qui votent pour un despote vulgaire parce qu'il nous fait nous taper sur le ventre!
Oubliez nous un peu, nous vivons si bien au soleil...

Ce sont les "barons locaux" méprisés et craints par Solferino qui menent campagne dans les regions et qui vont les gagner , pendant ce temps la que fait Aubry ?elle passe son temps a a aider l'UMP en languedoc !et apres elle criera victoire en la faisant sienne et ils continueront a critiquer le "localisme " qui ne veut pas se plier a leurs diktat !

J'ai pas tout lu l'article, c'est bien trop long, mais j'ai assisté à des réunions avec Frêche et c'est malheureusement bien vu. Il fait son numéro, puis le sujet de la réunion est bâclé en 5mn. Et malheur à ceux qui osent le contredire, il leur fait un costard sur mesure. Le bonhomme est incontrôlable et il fait ce qu'il veut dans la région. C'est l'inconvénient des autocrates : s'ils font des conneries (et Frêche en a fait d'énaurmes), personne n'est là pour les rectifier.

il est beaucoup trop simple de shematiser sa pensée et surtout son action ,depuis 2004 la priorité a ete mise sur les infrastructures completement delaissé par Blanc et ses amis FN (voir le tableau de "l'expansion" ou la region est passée de la 20em a la 4 em place )
Voila peut etre le succés de Freche et de ses equipes dans la population !

Des critiques ont ete faites sur les investissement de la region et sur l'insistance de Freche pour remettre en etat les digues en languedoc roussillon. le drame de Vendée lui donne raison ! G.Freche a investit des millions d'euros pour la securité des habitants , et il avait raison ! ou est le " clientelisme " qu'on lui reproche , ce sont des actions en profondeur ( qui ne rapportent pas une voix !)qui caracterise sa politique pour notre région !

Votre article est tellement tendancieux que pour un peu, il pourrait être digne de monsieur Frêche! Maffieux, homme de réseaaux...Parce que vous connaissez beaucoup de politiciens qui fonctionnent sans, vous?Je n'en aurais jamais entendu parlé?On me l'aurait caché (et je ne représente qu'un 64 millinième de la population française!Cher Libé, vous êtes bobotement ridicule ! Frêche possède l'intelligence, l'éducation, l'espérience, le vécu, le courage, l'insolence et la truculence méridionales.
Il n'est pas "posé",s'emporte, tempête,c'est le mec le plus attachant de la politique française,avec ce bon vieux Gremetz!Je vous rassure, je suis loin d'avoir les cheveux blancs,puisqu'en plus vous insinuez qu'il manipulerait des assemblées de vieux gagas chenus ...
Il est humain,outrancier, tellement plus attirant que tous les gourmés au petit pied qui défilent à l'écran...
Je suis francilienne,mais certainement pas Parisienne.
Désolée, mais votre analyse est sotte,mais tellement en phase avec la malheureuse candidate officielle PS qui va se "prendre une tôle"!
Enfin, on n'avait pas encore eu l'image dégoûtante de l'Appareil qui expulse tout en prévenant que des que l'élection est passée, c'est bon les gars, on réintègre ou dé-expulse.
Il serait temps de faire venir d'urgence la dératisation rue de Solférino,quelle triste engeance...

Freche ne parle pas la langue des enarques(qu'ils soient socialistes ou umpistes)Au moins il n'enfume pas ceux qui l'ecoutent.Ce n'est pas JFCoppee ou X.Bertrand,voir F.Fillon.
Le Ps ferait mieux de faire un programme concret et chercher un successeur a cinq ans plutot que de se tirer une balle Dum Dum dans le pied.
Bartolone est bien l'homme de confiance de Fabius auprés de M.Aubry,non?

Finalement, on en revient toujours à la même rengaine : Parisien, tête de chien, Parigot, Tête de veau...
Ca n'évolue pas beaucoup, hein?
Frêche : un gros con élu par des cons (et ça, c'est lui même qui le dit, alors...)

Allons donc!
Il n'y a pas de dangers avec Frêche.. Encore une hypocrisie de bobo-lchéviques fana de la mondialisation et pro-liberaux comme notre ami "vert" Cohn-Bendit.. Des mafias, il y en a d'autres.
Frêche a trouvé la faille du PS, et l'exploite. Il a la verve pétillante, use de phrases chocs à bon escient et appate l'éléctorat ouvrier grâce à un franc parler populaire.
Des ressemblances avec Le Pen, Frêche en a : c'est indéniable.
Il est sympathisant de mouvements nationalistes, ce qui, dans d'autres pays, n'est pas une tare.
Il n'y a plus qu'en France ou aimer son pays est quelque chose de mesuré, et de dompté.. C'est la France avec un grand F dont veut parler Frêche, et même si cela est à but éléctoral, il ira loin, car c'est ce dont les français ont besoin..
Dans tous les cas, faire passer ces petites phrases assassines, comme étant une bérézina du Parti Socialiste, est un signe de véritable incompréhension de la vie politique et médiatique dans ce pays.
Ce candidat est présent dans une région, le Languedoc-Roussillon. Ce n'est pas un candidat national! Lui donner trop d'honneur est purement médiatique. Encore une manipulation vouée à nous faire oublier ce qu'il reste de ce pays. La France, notre vieille et belle France, abimée par une minorité de pépites de la Nation détachées de la réalité, et confrontées à l'angoisse, qu'un jour, les français se battent et se réapproprient leur beau pays.
Sans parachutes dorés, sans euros, sans traders, et sans Dumping social.

Un peu longuet, un rien perfide. J'espère que Martine vous a remercié! Vous démontrz à merveille la coupure entre le socialisme parisien policé et "subtil" et la réalité du terrain. Frêche est un politicen d'un autre genre: grande gueule et rusé comme un marchand de vache. Son discours n'a certes pas le poli des orateurs parisiens, mais il est compris de tous et n'est pas barbant!
Le personnage est complexe, instruit et cultivé, mais choisissant de s'exprimer de façon volontairement choquante.
A la réflexion, il me fait penser à Bérurier et je lui ferais plus facilement confiance qu'à Fafa...Je ne suis pas le seul!

Freche va devoir vous remercier : encore un effort et quelques articles, et il fera 50% dès le premier tour.
Il a raison : c'est grâce aux .. journalistes qu'il est élu.

Quel article mal écrit, versant dans le "people". Comme on aurait aimé un véritable article sur le système de clientélisme mis en place depuis 30 ans à Montpellier et depuis 2004 un peu partout en LR. Subventions, marchés juteux, etc, il y a beaucoup à dire sur ce qui ne peut même plus être qualifié de "politique".
Dernière remarque : si des "retraitées de l'EN" pensent que M. Frêche a un savoir immense, on a sans doute trouvé la raison de la chute catastrophique du niveau des "élèves" dans ce pays. Dates, faits, tout est faux quand ce "professeur" prend la parole.

Ca va faire plus de 2 semaines que les medias nous rabachent les oreilles avec ce Freche pas fresh up du tout, ca suffit maintenant il n`en est que trop heureux.

Et la dernière, vous la connaissez?

Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon s’est exprimé sur 20minutes.fr à propos de la pauvreté en France.

«Les pauvres en France, c’est des favorisés par rapport à la moitié de l’humanité» a t-il déclaré en évoquant le RSA et le RMI.

Il n'y a aucun doute, ce type est un marrant... Je pense que les SDF, les travailleurs pauvres doivent mourir de rire à ces propos... Non, vraiment, vous lui trouvez quoi à ce type?

"Un article 10 fois trop long !"

C'est vous qui le dites, votre incapacité à lire quelques lignes n'en fait pas nécessairement un article trop long.

"vous le decrivez a l'egal d'un le pen alors qu'il en est l'oppose"

Il est surtout décrit comme un Le Pen de gauche, ce qui me semble proche de l'opposé comme vous le faites remarquer.

Sinon, c'est très sympathique les discours à mi chemin entre la critique gratuite et la masturbation intellectuelle ci dessus, mais cela semble être de simples idées reçues auxquelles on aurait collé des arguments tout faits pro-frêche.

Je veux bien ne pas le diaboliser, mais il faudrait voir à ne pas verser dans l'excès inverse, ce que vous semblez avoir oublié.

C'est ridicule.

Libération n'a toujours rien compris. Et ses lecteurs parisiens non plus. Encore un papier à côté de la plaque. Arrêtez de nous gaver avec de mauvais procès d'intention faits à Frèche (le rapprochement avec Le Pen est odieux, abject) et attaquez-le plutôt sur sa mégalomanie, son bilan. Mais vous aurez du mal à trouver parmi ses adversaires des gens de talent, valeureux, et pas manipulés par leur parti, leur coterie. Tout le problème est là.

Il faut de la perseverance pour arriver à lire en entier ce long tissus de bêtises!!
"l'envoyé special à Montpellier" aurait mieux fait de rester chez lui!tant soit-il qu'il ai mis les pieds à Montpellier, ce dont je doute fort!

mais quel est votre probleme vis a vis de georges Freche ? on se pose la question en vous lisant car y voir de plus, vous semblez ne rien comprendre a la politique regionale ici en Languedoc Roussillon ! qui vous permet de salir cet homme qui comme, vous le dites, depuis 37ans a elever la ville de Montpellier et la region au rang des meilleures regions de France pourtant si ignorer du parisianisme.
votre article n'est qu'une suite de mensonges et de saletes a son encontre, pourquoi avoir interroge que des opposants qui le jalouses ou voudraient tout simplement la place ? vous auriez pu, tout au moins, faire apparaitre ce qu'en pense les gens d'ici et non pas des personnes sans valeur ou qui ont une petite valeur que leur donne monsieur Freche !
vous le decrivez a l'egal d'un le pen alors qu'il en est l'oppose, certes il a sa façon de faire et de dire mais dans le travail il est avec son equipe et ça bosse, contrairement a d'autres qui parlent beaucoup pour ne rien faire !
que serait mandroux si monsieur Freche ne l'avait promu a son poste ? que serait Beziers, si la Region n'etait intervenu, comme ne l'a jamais fait couderc ?
on nous reproche ailleurs, notre esprit frondeur mais personne ne vient donner un petit coup de main, alors on se debrouille comme l'on peut et vu les resultats fourni par la Cour des Comptes qui nous place a le 3eme place des regions les mieux geres du pays, la premiere etant les Charentes et poitou de Segolene Royal !
avez vous mis les pieds dans notre region pour la decrire comme vous le faites ? surement pas a vous lire ! Freche a 71 ans dites vous, et vous le soulignez allegrement, alors que vous taisez celui de mandroux qui est de 69 quand a couderc on le croirait encore suir les bancs de l'ecole ! soyez au moins impartial quand vous faites des articles !
en ce qui concerne l'histoire des harkis, montee en fleche par certains, sachez que ces 2 soi disants harkis ete envoyes par l'ump et qu'ils ont ete mis dehors par les vrais harkis qui soutenaient Freche ! faudrait vous renseigner avant de jeter l'opprobe !
et que ne direz vous de fabius qui joue les petite jeune fille eploree, alors que le trait de Freche n'etait qu'une reponse au president de Normandie qui avait avance : "si j'etais un electeur de cette region la, je ne voterais pas pour ce mec !"
qui est le raciste envers une region et ses habitants ? et qui est meprisant d'une personne ? surement pas Freche qui a employe une phrase typiquement française ! et voila notre fafa qui se rappelle avec 2 mois de retard ce que Freche avait repondu, et que lui importait en plus d'etre traite de catho, ce qu'il est de s'etre converti ! alors n'allons pas jouer les pleureuses touchees !
quand a la decision de la direction du PS qui apres avoir valide la liste Freche, nomme une autre liste dite socialiste ! mais revenons un peu en arriere, les militants socialistes on vote a 80% pour la liste de didier Codorniou qui avait annonce se desister pour Freche et solferino avait enterine ce vote (sans jamais recevoir le 1er socialiste de la region) et apres les manigances de fabius en collaboration d'aubry, une nouvelle liste, sans vote des militants, est montee de toute piece avec des inconnus ou sans importance !
pourquoi n'avoir pas souleve que la liste Freche passera dans les meilleures conditions ? pourquoi ne pas vanter notre belle region ? pourquoi n'avoir pas interroge les gens d'ici ?
votre article n'est qu'une invective sur Freche sans plus, un article sans aucune valeur et qui vous ramene a un pamphlet sans envergure aucune !
oui quel est votre probleme, mais on ne se pose plus la question, puisque vous y repondez en quelque sorte, vous ne savez rien de notre region et encore moins des personnes qui y vivent !...

Un article 10 fois trop long !
Apprenez à écrire et à hiérarchiser votre pensée.
Comme pour Sarkozy, la presse tombe de le piège de l'outrance tous azimuts des politiciens tels que Frêche, Le Pen et Sarkozy.

Je m'explique...
Les dérapages verbaux de Frêche que vous mettez en avant ne sont que le symptôme d'un inquiétant dysfonctionnement de la démocratie et surtout de la décentralisation à la Française : il n'existe aucun contre-pouvoir ni organe de régulation ni sanction capable d'arrêter les dérives autoritaires d'un élu, une fois élu.
Hormis la sanction des élections. Qui ne marche pas. La preuve !

C'est Cohn-Bendit qui a raison quand il parle de "mafia".
A tous les échelons politiques, jusqu'aux mairies des petites communes, l'emprise de Frêche, via ses vassaux (Bourquin dans le 66) est énorme, elle touche les associations, la vie locale, l'emploi, les carrières professionnelles.
Même la fonction publique d'État est parfois noyautée.

Le voilà le vrai danger.

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