Marseille: « Poubelle la ville », c'est reparti
GREVE. En conflit dans le 2e arrondissement, les salariés d'ISS Environnement bloquent plusieurs centres de transferts des déchets de la ville. La police est intervenue samedi, mais le blocage a repris dimanche. C'est une nouvelle grève, après celle de novembre. Les poubelles commencent à déborder dans certaines rues. Lire la suite
[ACTUALISATION: La droite propose ses services]
Le président de la communauté urbaine MPM, Eugène Caselli (PS), promet de la « fermeté » face à un « chantage » dans lequel « les Marseillais sont pris en otage ». Il avait dit la même chose en novembre, avant de céder aux grévistes de Bronzo et d'annuler les appels d'offre.
ISS s'inspire de ce précédent et Caselli peste: les salariés, en guerre non pas contre leur direction mais contre MPM, « bloquent illégalement » les centres de transfert.
Il a donc fait donner la force publique samedi, dès le début de la grève.
« Pourquoi n’avoir pas fait de même en novembre quand tout Marseille a été bloqué par les grévistes de Bronzo ?», demande l'élu UMP Bruno Gilles dans un communiqué.
Gille s'interroge: « Pourquoi Monsieur Caselli ne tolère pas aujourd’hui que la future circonscription de Monsieur Guérini soit bloquée alors qu’il a toléré que l’ensemble de la ville soit pris en otage au mois de novembre ? Pourquoi avoir cédé en novembre et s’exposer au chantage en mars ?»
« On est devant une deuxième grève, c'est là qu'il faut mettre un coup d'arrêt, affirme Caselli, ce lundi. Peut-être cette épreuve de force est nécessaire. La situation n'est pas admissible. »
Selon lui, elle ne concerne pas MPM, mais la direction d'ISS, bizarrement « aux abonnés absents ». Serait-elle derrière la grève? C'est possible.
Caselli demande au patron d'ISS de « prendre ses responsabilités ». « A partir d'un conflit sur un arrondissement, vous bloquez tout Marseille? », demande Caselli.
Sur le fond, les grévistes anticipent le renouvellement des marchés pour la collecte. Le périmètre d'ISS dans le 2e (Joliette) sera amputé de 20%, au profit du secteur public, dans un souci affiché de rationaliser la collecte sur le Vieux-Port.
Bernard Pizzo, délégué FO d'ISS, en conclut que le tonnage annuel ramassé va passer de plus de 13 000 tonnes à 10 200, ce qui risque de faire des emplois en moins. Il exige que le cahier des charges stipule la reprise intégrale des personnels.
Caselli rétorque qu'elle se fera automatiquement et que les tonnages seront « équivalents ». Pizzo n'y croit pas. D'où le conflit.
Caselli dénonce « une pression directe sur un marché public » en cours d'attribution. « C'est totalement aberrant », assure-t-il.
Quant aux changements exigés dans l'appel d'offre, Caselli les refuse: « Il n'en est pas question! Le personnel doit comprendre que nous n'avons pas d'autre choix que la fermeté. »
Face à lui, Bernard Pizzo (FO) n'en démord pas: « On demande la reprise intégrale du personnel et le retour au périmètre actuel. »
Sinon, il a fait ses calculs. « La poubelle, c'est une science exacte », indique-t-il.
Selon lui, à Marseille, il faut compter 1,1 kilo de déchets par jour et par habitant. Donc 900 tonnes par jour. « On arrivera à 2 500 tonnes bloquées ce lundi soir », dit Bernard Pizzo.
Le bras de fer est engagé, mais la position ferme de Caselli est fragilisée par trois choses.
Primo, il a cédé en novembre face à Bronzo, incitant les autres entreprises à faire pareil.
Secundo, il a ensuite voulu passer la collecte au tout public, avant de se rendre compte que ce n'était pas possible, et de faire marche arrière.
Tertio, il n'a pas de majorité à MPM, ce qui est gênant sur un sujet représentant un enjeu politique fort.
S'il assure que le maire UMP Jean-Claude Gaudin le soutient, il peut compter sur les tacles de Renaud Muselier, chef de la droite à MPM.
Qui s'est fendu d'un communiqué vendredi, indiquant: « J’avais prévenu au mois de novembre, en déclarant : "Chantage et pression seront désormais les arguments de toutes les entreprises souhaitant contester l’attribution d’un marché". L’absence de ligne directrice coûte cher aux Marseillais. »
M.H.





Marseille poubelle....
Le titre résume à lui seul la situation.C'est pourtant une belle ville, mais quel bordel! De droite comme de gauche, les municipalités se succèdent et rien ne change.
Rédigé par : XGerard | 08.03.2010 à 23h19
Cette "grève" est bien entendu sans aucun rapport avec les élections régionales des deux prochaines fins de semaine…
Sans compter les autres "particularités" locales.
Rédigé par : Laszlo | 08.03.2010 à 19h48
Des blocages ne sont pas des grèves.
Caselli doit assumer, la préfecture doit assumer, des tels blocages illégaux sont un cas pour une intervention des forces de l'ordre, les bloqueurs doivent être verbalisés, les machines d'ISS confisquées.
Sinon, on ne s'en sortira jamais.
Courage, là-haut !
Rédigé par : PN | 08.03.2010 à 17h36
gauche ou droite aux commandes, et c'est tjs aussi sale ! est-ce le marseillais qui serait sale ?
Rédigé par : geneker | 08.03.2010 à 17h12
Le charme de Marseille ce sont les poubelles et sa propreté . Les meilleurs résultats de l'OM n'y changeront rien, Marseille sera toujours un ville sale tant que ces habitants et élus n'auront pas compris!
Rédigé par : zérozaza | 08.03.2010 à 16h16