Le Parquet fait appel du non lieu accordé à deux policiers de Grasse après une interpellation mortelle
JUSTICE. Les deux juges chargées d'instruire le dossier sur les conditions de la mort d'Hakim Ajimi, décédé en mai 2008 après son interpellation par deux policiers grassois, ont rendu mercredi une ordonnance de non-lieu concernant les deux fonctionnaires. Le procureur de Grasse (Alpes-Maritimes) Jean-Michel Cailliau a annoncé vendredi qu'il fait appel de leur ordonnance. Une manif est prévue samedi à 14h30 à Grasse. Lire la suite
Le Parquet avait requis le renvoi des deux policiers en correctionnelle pour "homicide involontaire".
Mais les deux juges d'instruction estiment que le comportement des fonctionnaires répondait à la violence de la personne interpellée, qui avait blessé l'un d'entre eux.
« Ils n'ont fait qu'appliquer ce qu'on leur enseigne », affirme leur avocat, Me Gérard Baudoux.
Pour lui, « la mort de M.Ajimi ne laisse personne insensible, mais s'il y a quelque chose à revoir, ce sont les méthodes enseignées à la police nationale: il y a un manuel qui décrit ce qu'il faut faire pour parvenir à la neutralisation de la personne interpellée, et ils n'ont rien fait d'autre que ce qui est préconisé. »
C'est pourquoi, selon l'avocat, « les éléments constitutifs de l'homicide involontaire ne sont pas constitués ».
La commission nationale de déontologie de la sécurité avait pourtant rendu un avis accablant sur leur action le 12 avril, dénonçant un « abus d'usage de la force », et conseillant des poursuites disciplinaires pour « avoir eu un recours à la force disproportionné, tant dans sa durée que dans son intensité, à un moment où cela n'était plus nécessaire ».(lire l'article).
Lors de son interpellation (lire le récit détaillé) rendue violente par le fait qu'il se rebellait, Hakim Ajimi a été longuement maintenu au sol, face contre terre, un policier à califourchon sur son dos, un autre lui faisant pendant « cinq à dix minutes » une clé au cou pour l'immobiliser : «C’était effectivement une clé genre étranglement, expliquera-t-il aux enquêteurs, mais je précise que je n’ai pas serré à fond et que ce n’était que pour maintenir la tête.»
Cette technique d'interpellation a déjà valu à la France une condamnation par la cour européenne des droits de l'homme (lire l'article).
Selon les témoins de cette interpellation dans la rue, Hakim Ajimi avait la tête « bleue » ou « violette », avant d'être transporté comme un pantin jusqu'au commissariat où l'on constatera son décès.
Selon l’expertise anatomo-pathologique, le Tunisien est mort en raison d’«un mécanisme de compression thoracique associé sans doute à une obstruction incomplète des voies aériennes supérieures (face au sol)».
L'avocat de sa famille, Me Franck De Vita, fera dès vendredi appel de cette décision.
Les juges avaient d'abord entendu les deux policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) sous le statut de témoin assisté.
Puis elles avaient été contraintes par la cour d'appel de les mettre en examen pour homicide involontaire fin 2009.
Les magistrates ont finalement décidé de ne pas renvoyer les deux policiers devant le tribunal correctionnel.
Cinq autres policiers doivent en revanche être jugés pour non-assistance à personne en danger.
Le Comité de soutien « Justice pour Hakim » organise samedi 8 mai, à 14h30, à Grasse une marche du souvenir, depuis le lieu de l'interpellation du jeune homme de 22 ans, boulevard Victor-Hugo, jusqu'à la mairie. (avec AFP)





@Peter : il y a toujours pire ailleurs... devrait-on se satisfaire de ne pas avoir le pire??
@Dumont : De mon point de vue, ceux qui croient détenir "l'objectivité" se disqualifie de "l'intelligence"...
Que sais-tu réellement du cas présent pour te croire ainsi en droit de dispenser peines et jugements?
Les policiers devraient-ils avoir tous les droits sous prétexte qu'ils portent un macaron Bleu-Blanc-Rouge?
Si tu es toujours en vie (félicitations!), malgré les contrôles - sans doute fréquents et musclés - dont tu fais l'objet, ça n'est peut-être pas seulement parceque tu es docile... mais peut-être aussi parceque qu'on ne permet pas à ceux qui te contrôlent de faire tout et n'importe quoi.
Si tu trouves normal qu'un type ait droit de vie et de mort sur toi et tes proches parcequ'il a une carte de police, grand bien te fasse... Tu aurais sans doute été très à l'aise dans la peau d'un serf au moyen-âge!
Dieu merci, il existe aujourd'hui un concept nommé "état de droit"* qu'on essaie de faire respecter...
* "situation juridique dans laquelle chacun est soumis au respect du droit, du simple individu jusqu'à la puissance publique" (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_de_droit)
Rédigé par : tyler | 11.05.2010 à 13h02
ah si vous viviez dans ma Rep Bananiere des Caraibes , vous pourriez considerer les policiers francais comme candidats au prix Nobel de la Paix
et bien sur cela vaut pour de tres nombreux pays , en particulier ceux d Afrique noire et du maghreb
dans mon pays 400 a 500 morts par an ..sous pretexte d echanges de coups de feu ( y comprix avec ceux qui sont deja menottes)
Rédigé par : peter | 07.05.2010 à 20h57
Tout ce que je lis est complètement inobjectif!! vous avez déjà une dent contre la police, dc forcément vs voulez les lyncher! Il ne faut pas oublier que le bonhomme se rebellat et a BLESSE un des agents!! autement dit, c'est un délinquant, qui avait qqchose à se peprocher. alors quoi, on devrait laisser toute latitude à ces petits délinquants, et museler la police par peur de débordements?? Si sa mort est triste, il ne peut s'en prendre qu'à lui!! certainement pas aux flics! moi qd je me fais contrôler je me débats pas, je frappe pas les flics, et je suis toujours en vie! arrétez de vous tromper de cibles, messieurs les justiciers d'opérette!
Rédigé par : dumont | 07.05.2010 à 16h52
Un film raconte cette histoire avec de nombreux témoignage et un retour sur les lieux:
http://regardeavue.com/justice-pour-hakim/
Rédigé par : Luz | 07.05.2010 à 14h19
et ils s'y sont mis à deux pour pondre ça ?????
c'est un homicide involontaire , au minimum donc prison vu le cas .....mais rien ! decidement , elle est belle la justice française!
Rédigé par : haha | 07.05.2010 à 14h00
Le lynchage à la Française....
La grande majorité des commentateurs ne connait rien du dossier, ou presque.
Mais il s'agit de flics...Moi non plus, je n'aime pas les flics. C'est un réflexe naturel contre l'autorité chez un homme libre. Mais, de là à les accuser de tous les maux, il y a un pas à ne pas franchir.
Je croyais que la présence du juge d'instruction était une garantie de bon fonctionnement, du moins c'est ce que j'ai lu en long et en large dans Libé... Alors,laissez la justice faire son travail!!!!
Rédigé par : XGerard | 07.05.2010 à 13h56
comme quoi, que le juge d'instruction soit seul ou pas, les bourdes continuent...
Rédigé par : Céline | 07.05.2010 à 11h55
LA MEME JUSTICE POUR TOUS
Rédigé par : Nadia | 07.05.2010 à 11h22
Les sanctions devraient être d'autant plus rigoureuses que les policiers ont une mission d'autorité c'est aussi la formation de ces mêmes policiers qui est complétement à revoir.
Un tel "incident" ne fait que discréditer la police et ses auteurs sont inexcusables.
Rédigé par : Georges Nigremont | 07.05.2010 à 10h43
Vous ne connaissez rien du dossier ni de l'instruction, et vous jugez tous le monde dans cette affaire. Vos remarques ont leur place dans un PMU.
Rédigé par : robo | 07.05.2010 à 10h41
Encore un juge de gauche !!!!
Qui ne veut pas aider notre fils de légionnaire hongrois dans sa politique de restriction !!
Mettez les en taule, les keufs, et cela autant de fonctionnaires en moins à rémunerer !!!
Ou , au minimum, laissez les au comissariat, cela évitera les bavures qui deviennent aussi récurentes que les rhumes des foins !!!
Rédigé par : Mechl | 07.05.2010 à 10h02
une fois de plus , la justice se ridiculise et montre qu'elle est incapable d'assumer son rôle . Outreau , c'est tous les jours et partout !
Rédigé par : nicolas | 07.05.2010 à 09h58
Nous savions déjà que, en France, les policiers étaient pratiquement inattaquables en justice.
Et cela, même s'il y a des témoins, des vidéos ou des rapports d'expertise prouvant leur culpabilité.
Cela dit, quand la victime est française d'origine française, les juges prononcent parfois une sanction contre un ou deux policiers.
Mais quand la victime est étrangère, ou française d'origine étrangère, là les policiers sont tranquilles, il ne peut rien leur arriver.
Cette affaire démontre un des effets les plus malsains de la politique sécuritaire de la droite: l'immunité de fait, accordée par le gouvernement ou la justice, à des policiers commettant des bavures.
Malheureusement, et logiquement, cela entraîne une défiance de la population vis-à-vis de ceux qui sont censés les protéger, et il ne faut pas s'étonner (même s'il faut le déplorer) des scènes de guérilla urbaine dans les banlieues où l'on voit des policiers tomber dans des guet-apens.
Rédigé par : mila lapouette | 07.05.2010 à 09h21