Le Jumping de Marseille laisse un trou de 350 000 euros
INFO LIBÉ. L'association Bellerophon, qui a organisé le Jumping en décembre dernier, est en liquidation judiciaire, laissant 350 000 euros de factures impayées. Alors que la Ville a versé 300 000 euros de subvention...Les créanciers envisagent une action pénale. Lire la suite
Du 3 au 6 décembre 2009, le Jumping de Marseille a accueilli la crème de l'équitation et quelques héritières fortunées, comme Charlotte de Monaco ou la petite-fille d'Onassis.
Gisèle Lieutier, l'organisatrice, a juste oublié de leur demander l'aumône.
Car il y a un gros trou dans la caisse: Bellerophon, l'association qu'elle préside, a été placée en liquidation judiciaire, le 8 juin, par le tribunal de commerce de Marseille.
Selon nos informations, les factures impayées sont estimées à plus de 350 000 euros par les fournisseurs lésés, qui préparent une plainte pénale.
D'après Me David Gordon-Krief, qui représente des créanciers, « elle a remis des chèques en bois à pratiquement tout le monde », du traiteur au décorateur en passant par les cavaliers, y compris « Rodrigo Pessoa, le cavalier le plus connu au monde ».
La colère des créanciers vise aussi la municipalité (UMP). Principal financier du Jumping, la Ville a versé 300 000 euros, réglant la seconde moitié de la subvention le 18 mars 2010, alors que les difficultés étaient connues.
« Je serais un menteur si je vous disais que je n'étais pas au courant des problèmes. Mais j'étais légalement obligé de payer cette subvention votée et provisionnée », affirme Richard Miron, l'adjoint UMP aux Sports, qui se dit « surpris par le gouffre ».
La Ville a-t-elle été suffisamment vigilante? Selon la délibération votée en juin 2009, le conseil municipal attribuait la subvention « sous réserve de vérification des pièces administratives, financières, comptables et fiscales ».
Or, il y a eu des soucis lors du Jumping 2008 et l'élu aux Sports le savait. « J'ai entendu qu'elle a mis du temps à payer », reconnaît Richard Miron. Mais pour lui, la responsabilité de la Ville, qui n'est qu'un « partenaire » et pas l'organisateur, ne peut être engagée. Simplement, « il faut désormais voir si c'est une erreur de gestion ou si elle aurait pu être anticipée ».
De son côté, l'organisatrice minimise le désastre. « Nous n'avons pas terminé de payer les fournisseurs, mais c'est en cours, nous assure Gisèle Lieutier. On a eu de gros problèmes. Mais il n'y a pas eu de faute de gestion. Tout l'argent est rentré sur les comptes de l'association. Malheureusement, nous avons été un peu débordés. Et le prestataire SEPA n'a pas mené à bien l'opération. Il n'a pas trouvé assez de partenaires. »
Patron de la SEPA qui organise de gros événements hippiques, François Bourey réfute ses critiques. Co-organisateur du Jumping, il assure avoir fait son travail, pour se retrouver lésé de 36 000 euros et sali dans sa réputation.
« J'ai alerté tout le monde lors d'une réunion, en juillet, à laquelle l'adjoint aux Sports était présent, affirme-t-il. J'avais incité Madame Lieutier à ne pas se lancer dans l'aventure. On savait que c'était délicat. Mais on m'a dit: "Il y a de l'argent, on le fait". »
Hélas, les recettes de billetterie et la subvention ont mystérieusement disparu.
« Où est passé l'argent? Il y a un truc qui cloche, fulmine Me Gordon. Ça va passer au pénal rapidement. »
Car, pour son associé Me Bertrand de Haut de Sigy, les chances de récupérer de l'argent sur la liquidation sont minces: « Il n'y a pas d'actif, rien à liquider. Il faut rechercher une faute de gestion des dirigeants, ou s'interroger sur une qualification pénale, comme l'abus de confiance. »
Confiante, Gisèle Lieutier le reste: elle assure que la municipalité lui avait oralement promis « 200 000 euros » pour le Jumping 2010. Mais pour la Ville, il est désormais « hors de question » de lui en confier l'organisation. Le Jumping ne se fera pas.
MICHEL HENRY
Nouvel article le 30 juin: un trou déjà en 2008





C'est un peu comme braquer une banque , mais avec plus d'astuces et surtout moins de risques.De toute façon à courir à tout prix (et surtout à n'importe lequel) à la renommée voilà ce qui arrive !
Toutes ces manifestations sportives de faux prestiges c'est autant moins d'argent sur de vrai actions sociales en directions des populations qui en ont le plus besoin!
Rédigé par : zérozaza | 24.06.2010 à 09h29