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23.07.2010

Aix : la présence d’une Israélienne clôt le débat

UNIVERSITE. Un colloque prévu à Aix-en-Provence au printemps 2011 a été annulé parce que des participants, «écrivains et universitaires arabes, égyptiens et palestiniens», non dénommés, ne voulaient pas y prendre part si une écrivaine israélienne était invitée. Lire la suite

«On boycotte des Israéliens sans savoir ce qu’ils pensent, s’insurge l’auteure concernée, Esther Orner, depuis Tel-Aviv. Aurait-on l’idée, par exemple, de boycotter ainsi un Iranien ? Si des intellectuels ne veulent pas s’asseoir avec des écrivains israéliens, c’est grave : c’est justement autour de débats de ce genre que l’espoir de paix peut avancer.»

Le colloque avait bien choisi son titre : «Ecrire aujourd’hui en Méditerranée : échanges et tensions». Selon un communiqué, mardi, de Jean-Paul Caverni, président de l’université de Provence Aix-Marseille-I, il a été annulé en raison «du refus de certains participants de dialoguer avec un auteur et universitaire israélien».

Pour Caverni, «tout universitaire qui met comme condition à sa participation à un colloque la non-participation d’un autre universitaire falsifie l’esprit de l’Université et par là même s’en exclut […]. On ne colloque pas avec qui exclut le dialogue.»

Selon le Cielam (Centre interdisciplinaire d’étude des littératures d’Aix-Marseille) qui l’organisait, le colloque «avait choisi de privilégier les littératures arabes» et proposait, dans un volet pédagogique pour des élèves du secondaire, quatre livres à étudier, «tous arabes».

En juin, il a appris que «si le colloque comprenait des Israéliens, un certain nombre d’écrivains et d’universitaires arabes, égyptiens et palestiniens notamment, refusaient d’y participer». Bien qu’opposé au boycott, le Cielam a décidé de ne pas inviter Esther Orner. 

Sinon, cela impliquait de «chercher, en dernière minute, des écrivains arabes qui ne pratiquent pas le boycott»,ce qui pouvait «remettre en cause le programme élaboré» et rendait «très aléatoire» la tenue du colloque à la date prévue. Les organisateurs envisageaient d’inviter un auteur israélien à un séminaire ultérieur. 

Ce«compromis bancal», selon l’un d’eux, Jean-Raymond Fanlo, a d’ailleurs provoqué la démission d’un des quatre membres du comité d’organisation.«L’écrivaine israélienne en a été meurtrie. Nous la comprenons et nous en sommes confus», assurent les organisateurs.

Pour le professeur Fanlo, «Esther Orner a choisi de rendre publique la chose», via le site internet Kef Israël qui a dénoncé, le 12 juillet, un«boycott culturel d’Israël à Aix-en-Provence». Les organisateurs contestent : «Nous n’avons jamais boycotté Israël. Ce contexte de tensions et d’accusations nous conduit à annuler ce colloque.»

Victime du boycott bien qu’elle-même soit «favorable à la paix entre Israël et un Etat palestinien indépendant», Esther Orner, éditée chez Metropolis à Genève, se désole : «Que des Européens puissent participer à cela montre qu’ils n’ont rien appris de l’histoire.»

MICHEL HENRY

Commentaires

Ces intellectuels arabes sont des portedrapeaux de leurs gouvernements d'obedience anti democratique. La dictature veut nous dicter avec qui dialoguer. Et ca marche! Pauvres universitaires francais, faites encore un effort pour etres intellectuellement honetes!
Votre attitude envers la Revolution Hongroise de l'an 1956 aurait du vous apprendre quelque chose, mais non.Relisez Saint Simon.

Oui. Il faut continuer à boycotter Israel dans tous les domaines, surtout dans l'universitaire. Je crois pas aux pseudo itellectuels israeliens qui se forcent d'adoucir les dirigeants criminels de leur Etat. Je réactualise l'idée d'Emile Habibi, romancier palestinien : Ceux qui ont quelque chose à dire trouveront des moyens. Le Boycott doit s'inscrire dans la campagne mondiale lancée depuis longtemps dans tous les domaines : BDS. Pourquoi ? Parce que l'Etat d'Israel ne respecte plus le droit international, il se met volontairement au-dessus de toutes les normes internationales. Chomsky disait qu'Israel marche sur sa tête. C'est terminé avec les mensonges de cet Etat et avec ses imposteurs ici et ailleurs.

Je pense que stygmatiser un des partis n'est pas vraiment productif. Je suis sur que des universitaires israeliens aurait fait de meme, tout depends desquels. Dans le conflit au proche orient, il faut savoir qu'il y a des extremistes dans les deux camps, qui ne veulent comme dialogue que le bruit des armes.

Sympatiser avec les israeliens plus que les palestiniens, ou vice-versa, est ridicule - il faut remettre les choses dans leur contexte. Donnez nous d'abord les noms des ecrivains "arabes" invites, et dites nous qui a voulu boycotter ... je ne pense pas que l'on puisse ecrire un article "neutre" en ne citant qu'un des deux partis, c'est a dire la pauvre ecrivain israelienne.

Evidemment que je suis indigne du comportement et des ecrivains arabes et des universitaires organisateurs.

@erima Vous reagissez exactement comme le veut l'auteur de l'article, bravo!

M. Henry,

merci de m'avoir entendu.

À l'attention du modérateur.

Bonjour,
après l'envoi de mon premier commentaire, j'ai envoyé hier vers 19h un court commentaire poétique qui est le suivant : "Mur murs mûrs murmures murons mourons ". Pourquoi n'a-t-il pas été édité ? S'il a été censuré, j'aimerais bien savoir pourquoi. Sans explication fondée de votre part, je cesserai de lire Libération.

Ce n'est malheureusement pas l'unique cas de tentative de boycottage de responsables arabes qui décisent pour les intellectuels, artistes et écrivains de leur pays de ne pas rencontrer d'israéliens. Mais ce qui est 'dérangeant', c'est que ce boycottage se fasse par intermédiaires interposés, ici par des institutions françaises. J'aimerais croire qu'il s'agit moins d'un manque de courage devant ce genre de chantage que de l'incompréhension des enjeux et des dangers d'un tel comportement.C'est sans doute de cet oubli de l'histoire dont parle Esther Orner.
je félicite vivement la personne 'éclairée' qui, la première, s'est opposée à une décision indigne d'un tel établissement. Je félicite ceux qui ont suivis, car il s'agit
aujourd'hui d'une résistance intellectuelle aux dérives politiques.

interdit aux juifs...

C marrant, on a déjà vu ça quelque part.

Tien, pourquoi j'ai la rage tout d'un coup ?

un débat à la mort-moi-le-noeud qui n'aura pas lieu !
quel drame !

C'est peut-être injuste pour cette dame, mais c'est la stratégie du cordon sanitaire, et avec l'Afrique du Sud à l'époque de l'appartheid ça avait bien marché. Ainsi, elle pourra expliquer dans son pays comment la politique du gouvernement israélien la met au ban du monde universitaire.

«si le colloque comprenait des Israéliens, un certain nombre d’écrivains et d’universitaires arabes, égyptiens et palestiniens notamment, refusaient d’y participer».

Il n'y a rien d'autre à ajouter!

Situation désolante. Je ne crois pas que le boycott d'un artiste - en l'occurrence d'une écrivain qui semble ouverte et pacifique - fasse tomber les murs. Ou bien que l'on me prouve que cette dame est une représentante officielle de la politique sioniste, de la propagande de l' État israélien. Par définition, l'intellectuel n'est-il pas celui dont l'arme noble est le débat, la "disputatio", la polémique ? En refusant la confrontation intellectuelle avec "l'ennemi", ces auteurs arabes n'en fournissent-ils pas une à l'ennemi de la culture, de l'altérité et de la paix, j'ai nommé l'obscurantisme ? J'ai malheureusement le sentiment que l'annulation de ce colloque bétonne un peu plus le mur de la méfiance, du communautarisme : les citoyens ont besoin d'espérance, de dialogue, de débat, de polémique. Je trouve cette situation décourageante pour les gens comme moi qui, au quotidien, souffrent de la montée de l'intolérance. Je respecte les idées et les sentiments des intellectuels arabes en colère contre le sionisme... mais je ne suis pas sûr que leur méthode soit la bonne, et la plus courageuse.

Effectivement, ça manifeste une belle volonté de débattre...
Et on appelle ça des intellectuels ?
Les politiques de tous bords ont gagné : ils ont réussi à nous faire avaler que les drapeaux étaient plus importants que les idées.

On peut se demander quel genre d'écrivains et d'intellectuels les organisateurs avaient-ils bien pu inviter pour qu'ils boycottent la présence d'un écrivain israélien. Leur attitude les déshonore, et les organisateurs se déshonorent à leur tour en cédant au chantage de ce boycott. C'est une honte !

Votre article n'est pas clair du tout. Vous écrivez d'abord à plusieurs reprises que le colloque est annulé, pour annoncer ensuite en fin de texte qu'il aura lieu mais sans Esther Orner:

"Un colloque prévu à Aix-en-Provence au printemps 2011 a été annulé"

"Selon un communiqué [...] il a été annulé..."

"Bien qu’opposé au boycott, le Cielam a décidé de ne pas inviter Esther Orner. " (???)

Bon, il est annulé ou pas ce colloque? Je ne vous félicite pas...

un mur contre un autre ou si on préfère un blocus contre un autre

Scandaleux que des universitaires puissent pratiquer un pareil chantage.

Après je vais nuancer parce qu'on a pas leur point de vue : était-ce vraiment comme rapporté ici "Si un(e) israëllien(ne) est invité on ne vient pas" ; ou était-ce dirigé particulièrement contre cette écrivain en raison de ses écrits ?

Des moeurs de l'âge de pierre

Le procédé n'est pas nouveau. Il est largement utilisé dans les pays arabes, même ceux qui ont signé la paix avec Israël.
Au Caire, récemment, une enquête a été ouverte par l'union des artistes égyptiens contre un acteur, "coupable" d'avoir posé pour les photographes en compagnie d'une actrice israélienne sur sur les marches du festival de Cannes. Cette organisation avait été le plus sûr soutien du ministre égyptien de la culture lors de sa candidature à la direction générale de l'Unesco. Il a été mis en échec parce qu'il avait déclaré qu'il "brûlerait lui-même les livres israéliens s'ils arrivaient à passer en Egypte. »
L'Union culturelle interarabe, basée à Damas, se donne pour mission principale, si ce n'est exclusive, d'épargner à la culture arabe (sic transit gloria mundi) d'être contaminée par le "sionisme mondial".
Cette union a battu le pavé cette année pour empêcher un éditeur libanais de publier en arabe l'œuvre d'Amos Oz. Cet homme a eu beau dire que les arabes allaient sombrer dans le ridicule si, comme c'est probable, l'écrivain israélien devenait prix Nobel.
Tous ces glorieux défenseurs de la culture, qui ne lèvent pas le plus petit doigt alors que des dizaines de leurs collègues croupissent dans les prisons de leurs pays respectifs, pensent à présent que les temps sont mûrs pour exporter dans une Europe complaisante leurs mœurs exécrables. L'Université d'Aix vient de leur signifier que ces pratiques là sont une exclusivité de la civilisation de l'âge de pierre.

lol, "des intellectuels" arabes manquent d'intelligence...

Introduction fausse.
L'article commence par "Un colloque prévu à Aix-en-Provence ... a été annulé parce que des... «écrivains et universitaires arabes, égyptiens et palestiniens»,, ne voulaient pas y prendre part si une écrivaine israélienne était invitée."
Pourtant, on lit plus bas que " Bien qu’opposé au boycott, le Cielam a décidé de ne pas inviter Esther Orner. Sinon, cela impliquait de «chercher, en dernière minute, des écrivains arabes qui ne pratiquent pas le boycott»,ce qui pouvait «remettre en cause le programme élaboré» et rendait «très aléatoire» la tenue du colloque à la date prévue. "
Donc la decision de continuer avec le colloque en boycottant Esther Orner avait été prise par lacheté ou expédient.
Ce n'est qu'apres qu'Esther Orner a vendu la meche que le colloque a été annulé et son annulation, n'est pas parce que "parce que des participants, «écrivains et universitaires arabes, égyptiens et palestiniens», ne voulaient pas y prendre part mais bien parceque l'attitude lamentable du Cielam a été rendue publique.

Annuler le colloque pour donner raison à l'intimidation, à l'expression de la bêtise !

Un compromis aurait permis d'en venir à une décision défaitiste et d'annulation ? Les mots ont-ils encore un sens ?

Il n'y pas que le crétinisme gestionnaire et boursier qui régule le monde, il y a désormais une stupidité universitaire qui à le droit de citer et d'exercer un pouvoir de libre compromission...

Pourtant de tendance pro-palestienne, je trouve indigne de réduire une écrivaine israélienne à sa nationalité. Quelle honte ! Quelle bêtise, surtout ! Ce sont ces petites choses qui font d'une tragédie une tragédie éternelle...

si cette ecrivain israelien parle de ne rien apprendre de l'histoire, alors je crois qu'elle non plus n'a vraiment rien compris. Je considere la position des auteurs arabes juste et non compromise. Qu'Israel balaye devant sa porte avant d'emettre et de se commettre.

Encore une fois, cela montre que les auteurs arabes ne veulent pas la paix et refusent le débat.

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