Marseille 2013, premières salves
CULTURE - Dans une ancienne huilerie, future Cité des arts de la rue, Marseille 2013 capitale européenne de la Culture dévoilait donc hier ses premiers contours. L’association Marseille-Provence 2013, qui pilote le projet, voulait en donnant les grandes lignes essayer de rassurer le peuple culturel marseillais - inquiet des méthodes de travail et des divisions politiques, des transformations sociologiques que Marseille 2013 risque d’accélérer, et de l’état de la culture dans cette ville, à deux ans de l’événement...
Rivages. Pour la seule ville de Marseille, 600 millions d’euros sont investis (800 au total pour l’ensemble des villes concernées). Côté programmation (le budget tourne autour de 90 millions d’euros depuis que Toulon s’est retiré), Marseille 2013 s’organise comme un long récit en quatre chapitres. Un récit du «partage du Midi», car l’événement, c’est l’une de ses forces motrices, est tourné vers la Méditerranée et ses rivages révoltés.
Double contrainte, la capitale européenne veut s’imposer un seuil d’exigence artistique élevé, tout en visant l’adhésion populaire. Chaque chapitre s’ouvrira donc sur un temps fort, des expositions, des colloques, l’inauguration de nouveaux édifices, et un grand projet populaire.
Parmi les premières propositions évoquées («500 à 600» seront retenues d’ici à septembre 2012 sur les 2 200 en lice), les «Ateliers de l’EuroMéditerranée» proposeront à des artistes de tout le pourtour méditerranéen de venir travailler à Marseille, vaste plateforme associant la société civile pour leur offrir des moyens de création et de diffusion, dans toutes les disciplines. Autre projet, «TransHumance». Des troupeaux de moutons et de chevaux convergeant depuis le Maroc, l’Espagne, l’Italie… Avec, aux étapes, des campements mêlant populations, bergers, artistes.
Autre exemple picoré, un vaste salon de lecture prenant ses aises sur tout le territoire et l’année, avec en point d’orgue le centenaire d’Albert Camus, «synthèse de l’homme méditerranéen et de ses conflits». Si certains élus de la région peinent visiblement à dépasser la culture folklorique provençale, Michel Vauzelle, président (PS) du conseil régional, veut «ouvrir l’événement au peuple de Marseille qui trop souvent n’a pas accès à la culture», et Michel Pezet, vice-président (PS) chargé de la Culture au conseil général, tient à accueillir «plus qu’un feu d’artifice, des pratiques et structures pérennes».
Décalage. Le titre de capitale européenne est un levier puissant pour transformer un territoire, son économie, ses déplacements, mais des artistes et chercheurs marseillais s’inquiètent du risque d’accélération de la gentrification du centre, dans cette rare grande ville populaire. Ils reprochent aux pilotes du projet de trop peu se soucier des liens et conséquence de l’événement sur ces territoires. D’autres (parfois les mêmes) relèvent le décalage grandissant entre ce projet qui peut tirer la ville vers le haut, et les mauvais traitements infligés aux institutions culturelles de la ville : budgets sacrifiés, salariés découragés, et directeurs envolés.
Les bibliothèques de Marseille n’ont ainsi plus de directeur depuis que le conservateur national, arrivé en 2008, a claqué la porte en décembre, la ville ayant balayé l’organigramme qu’il avait mis deux ans à construire avec ses équipes. Dans les musées marseillais, dont la directrice est également partie, près d’un tiers des personnels seraient en maladie selon des syndicalistes. L’adjoint parle de 15 %, chiffre qui reste élevé et s’explique par le fait que depuis des années la maire y place les salariés à reclasser. Ce qui démontre un intérêt pour la culture assez peu capital.
OlB





Le remake des Tontons Flingueurs se joue à Marseille...sauf que celui-ci ne me fait pas rire du tout!
Rédigé par : Docteurfolamour | 24.03.2011 à 11h33
"La ville ayant balayé l'organigramme qu'il avait mis deux ans à construire".
Il faut dire clairement les choses, C'est Force Ouvrière, qui n'est pourtant pas (je crois) majoritaire dans les bibliothèques qui a refusé cet organigramme qui ne lui convenait pas.
La situation est certes connue de beaucoup de monde à Marseille, mais il faut continuer à la dire, tant c'est un scandale, et surtout un énorme gâchis.
Elle a notamment été dénoncée récemment par une tribune dans Le Monde d'une ancienne conservatrice d'Etat à Marseille.
La compétence de Gilles Eboli qui a donc été viré par la volonté de FO était pourtant un professionnel aux compétences reconnues de tous.
Commentaire de Gaudin aux voeux de FO : "nous ne regretterons pas cet homme".
No comment. Ou si "Kifaya", à Marseille aussi.
Rédigé par : Gabriel Fouquet | 04.03.2011 à 14h13
Bien le projet ( je suis marseillaise ) mais révoltée par la façon dont il est mené : virer les gens compétents dès qu'ils ont fait le boulot pour le voir récupérer par les copains politiques à caser ( BMVR )trafics en tous genres, tous partis politiques confondus, (roman des poubelles, sénat, élections, immobilier etc... ) enfin Marseille qu'on aime, creuset de civilisations et de culture, malade de corruption et de clientèlisme !
Il est vrai qu'une nouvelle culture est née celle de l'argent !!!
Marseille 2013 sera aussi la capitale de celle là .
Rédigé par : annie | 03.03.2011 à 15h30
"Toulon s’est retiré"
Pour quelles raisons ? J'aimerais en savoir plus.
Rédigé par : Lilib | 26.02.2011 à 13h18
Je pense que pour l'instant, on ne perçoit que la partie officiel de cet événement - et c'est normal. Mais un tel événement ne peut résumer à une succession d'expos organisés par la mairie; pas plus que la fête de la musique se résume à un énième concert de Johnny place de la République... Ce qui rendra 2013 vraiment intéressant, ça seront les petits concerts de quartier, portes ouvertes des ateliers, les cafés-débat, expos en plein-air, soirées tango ou hip-hop sur les places publiques, de la capoeira aux plages, etc. Bref, ce que les habitants feront eux-mêmes; le "off", si on veut... Marseille est un lieu unique, la plus européenne de toutes les villes de la Méditerranée, et la plus méditerranéenne de toutes ville d'Europe; et c'est en cela que Marseille sera une 'capitale culturelle'. C'est ni une question de patrimoine, ni une question de nombre d'expos. Des expos, ça peut s'organiser n'importe où aujourd'hui: à Metz comme au Barheïn
Rédigé par : athe | 26.02.2011 à 10h52
quoiqu'il en soit, le titre de votre article est sympa ! ;)
Rédigé par : Docteur Gâchett | 25.02.2011 à 17h10
Je n'ai pas bien compris, la transhumance, c'est pour assurer le public lors des diverses manifestations !? ;)
Rédigé par : Docteur Gâchett | 25.02.2011 à 17h04