Cantonales à Marseille : retour du FN et poids des affaires
CANTONALES - A Marseille, les cantonales de dimanche soir se présentent en trompe-l'œil. Vues de loin, elles semblent traduire une très forte poussée du FN, un échec de l'UMP plus relatif qu'ailleurs en France, et une déception pour la gauche, qui a déjà perdu deux cantons dès le premier tour. A y regarder de plus près, le FN retrouve son niveau des années 80 mais stagne en voix, l'UMP aurait subi une véritable débâcle sans les divisions de la gauche. Et cette dernière serait en position de force si les affaires ne pesaient pas sur le jeu des alliances, et surtout sur les électeurs...
Le résultat n'en est pas moins spectaculaire : avec des scores compris entre 22 à 37% suivant les cantons, le FN peut se maintenir dans les 11 cantons renouvelables de Marseille. Il se trouve même en tête dans 7 d'entre eux. Une réussite également répartie. Les niveaux élevés se retrouvent dans les quartiers Nord et une partie du centre, mais aussi dans les quartiers Sud (plus de 31% à Sainte-Marguerite) et Est, où La Capelette bat des records à 37,58% (le FN présentait là son secrétaire départemental). Le canton qui résiste le mieux est Notre-Dame-du-Mont (22,30% quand même).
Le maintien en voix du vote FN fait grand mal à l'UMP, qui se retrouve derrière le parti frontiste partout, sauf à Notre-Dame-du-Mont. Le parti de la majorité présidentielle sera absent dans plus de la moitié des cantons dimanche prochain (6 sur 11). Et cela aurait pu être pire, et les responsables locaux de l'UMP le savent bien. Si la croissance des écologistes n'avait compliqué la vie du PS, l'UMP n'aurait peut-être pu maintenir qu'un candidat, à Sainte-Marguerite. Même à Mazargues, fief de droite historique et berceau de Jean-Claude Gaudin, la gauche unie aurait assez probablement battu l'UMP cette fois.
Le PS pourrait être heureux du recul de l'UMP. Ben non, pas vraiment. D'abord parce que lui aussi perd des voix. Beaucoup de voix. Proportionnellement, il en perd même beaucoup plus que l'UMP - mais c'est logique puisqu'un nouveau rival (Europe écologie) oblige à partager à gauche. Surtout, la majorité départemental vient de perdre dès le premier tour deux de ses cantons, le Camas et Notre-Dame-Du-Mont, où ses sortants PRG et divers gauche sont battus d'entrée. La concurrence d'Europe écologie a joué, mais il n'y a pas que ça.
Les affaires politico-financières pèsent, contrairement à ce qu'annonçait avant le scrutin Jean-Noël Guérini. Le cas du canton du Camas semble de ce point de vue exemplaire. Le PS présentait l'un des vice-présidents de Jean-Noël Guérini, Antoine Rouzaud, par ailleurs vice-président chargé de la propreté à la communauté urbaine de Marseille - soit le coeur des instructions menées actuellement et qui vise notamment Alexandre Guérini, frère du président du conseil généralà. Il ne récolte que 21,17%, contre 36,72% en 2004. En huit ans, il aura perdu plus des deux tiers de ses voix.
Parmi les principaux ténors socialistes de la ville, seul Jean-Noël Guérini s'obstine à répéter que les affaires de pèsent pas. Michel Pezet estime de son côté que le président du conseil général a tort de les sous-estimer. Et Philippe San Marco, président de Convention citoyenne, appelle désormais à sa démission.
Mais pour que le département change président la semaine prochaine, il faudra qu'une autre tête se lève. Pour l'instant, Jean-Noël Guérini est le seul candidat déclaré à la présidence du CG. Le second tour fera peut-être évoluer la situation. Dans le climat actuel, Europe écologie se refuse à appeler ses électeurs à voter pour le Parti socialiste, même face au FN. Laurence Vichnievsky appelle à faire obstacle au Front national, mais prévient qu'il n'y aura "pas d'appel nominatif". Du côté de l'UMP, on va même plus loin. Creusant le sillon d'une stratégie de dénonciation plutôt rentable pour l'instant, Renaud Muselier promet que les candidats de gauche qui s'engageront à ne pas voter Guérini la semaine prochaine (pour l'élection du président) auront son soutien.
La pression semble partie pour ne pas décroitre. Mais pour l'instant, Jean-Noël Guérini s'est contenté de confirmer qu'il démissionnerait après les cantonales de sa présidence... de la fédération PS des Bouches-du-Rhône.
Olivier BERTRAND





Si le PS ne vire pas le clan Guérini, le FN va" prendre" la ville et ce sera tomber de Carybe en Scylla .
Ces types sont en train de saper toutes les valeurs fondamentales d'une population riche de ses différences et de ses cultures .
L'UMP ne fait pas mieux: laisser "pourrir", et le mot est faible, des quartiers entiers du centre ville pour permettre aux copains de spéculer ( 3éme arrd en particulier )développement outrancier du clientélisme ( FO municipaux et BMVR en exemple) et la liste est trop longue pour un commentaire ...Corruption, chômage et insécurité voilà un lit tout prêt pour les requins de l'extrême droite qui auraient bien besoin de tout ce fric facile à gagner dans une ville sinistrée .
Rédigé par : annie | 22.03.2011 à 10h56
Pas d'analyse fine de cette election, dans mon commentaire, juste l'envie de dire qu'un bon coup de balai populaire,assainierai l'air irrespirable des BDR.
A Voir sur le site Marsactua.fr, les interviews de certains candidats aux elections: edifiants...et affligeants.
Rédigé par : fredo | 22.03.2011 à 07h02
LES LOUCHES DU RHONE...
Le problème des socialistes à Marseille est que, de soupçons en soupçons, la ville est devenue la capitale des Louches-du-Rhône et que personne n'a encore pris les initiatives nécessaires pour crever l'abcès dans un sens (la culpabilité) ou dans un autre (l'innocence). Dans ces conditions, il est possible que la notion si vertueuse du Front Républicain laisse échapper ici ou là quelque senteur nauséabonde de nature à incommoder fortement les odorats les plus sensibles.
Rédigé par : LEXXIS | 21.03.2011 à 22h00
Notons quand même que l'alliance inédite à Marseille du Front de Gauche et du NPA sur les 3 cantons du Centre-Ville (Camas, ND du Mont & 5 Avenues) a porté ses fruits, que ce soit en terme d'augmentation de voix, qu'en pourcentage par rapports à 2004.
Rédigé par : Aizkolari | 21.03.2011 à 16h17