Les marins-pompiers de Marseille s'exercent à dépolluer
POMPIERS - Il faisait frais vendredi matin dans la calanque marseillaise de Morgiou. Le vent soufflait de la mer, ramenant le courant vers la côte. Cela tombait bien : les marins-pompiers de Marseille tablait sur une houle et un courant modéré venant lécher les calanques pour un exercice annuel. Leur section opérationnelle spécialisée dans la dépollution avait sorti moyens nautiques et barrages flottant pour simuler une intervention en urgence dans la calanque après le dégazage accidentel d'un navire de commerce au large. LibéMarseille était au premier rang, à se geler sur les rochers...
Pour l'exercice d'aujourd'hui, les hommes sont donc censés avoir appris à 8h30 qu'un navire avait dégazé. Une nappe approche, il faut protéger les calanques, et notamment Morgiou, qui s'apprêterait à recevoir l'essentiel de la souillure mazoutée. L'accès est difficile. Des camions descendent le matériel par la route, pendant que trois bateaux arrivent par la mer. Puis des marins accrochent un barrage côtier flottant à un bateau qui s'éloigne vers le large, tirant le long barrage orange qui serpente sur la mer comme un dragon au nouvel an chinois. Des plongeurs installent les ancres qui vont servir à maintenir ce barrage. Mais le vent contrarie le travail, repousse le barrage vers la digue. L'exercice sert aussi à évaluer 12 stagiaires.
Une fois le barrage en place, un récupérateur flottant doit commencer à ramasser les hydrocarbures mêlés à l'eau de mer. Le principe est assez simple. Les matières huileuses collent à un disque qui tourne et qu'il suffit ensuite de racler. Cela récupère théoriquement une cinquantaine de litres par heure, qu'une pompe envoie vers un bac de stockage flottant. Dans le cas d'une réelle pollution, une noria de ces bacs permet de ramener progressivement les produits récoltés vers un point de récupération situé à terre. Après une décantation, une société privée viendra récupérer le produit qui s'apprêtait à souiller la côte.
Les petites pollutions ne sont pas exceptionnelles sur la côte marseillaise, située en face d'un axe important de transport maritime. La route de Fos, troisième port hydrocarbure mondial. Et celle des ferries qui font route vers la Corse et le Maghreb. Enfin habituellement (lire). Chacun transporte des milliers de tonnes d'hydrocarbures pour fonctionner.
Ce matin, pour l'intervention, les marins-pompiers sont renforcés par du matériel prêté par Fost (Fast oil spill team), une filiale de Total spécialisée dans la dépollution - habile partage des tâches au sein du groupe français, qui avait affrêté en 1999 l'Erika de sinistre mémoire. Une convention tripartite unit ce groupement d'intérêt économique à la ville de Marseille et au bataillon de marins-pompiers de la ville. Ce dernier met à disposition trois hommes à demeure, et peut mobiliser une trentaine de pompiers spécialisés en deux heures, en cas de coup dur sur une installation de Total, où que ce soit dans le Monde. En échange, SOS Depoll peut utiliser le matériel acheté par le Fost (qui dispose d'un budget de 700.000 euros par an).
Selon l'un de ses dirigeants, Fost n'a connu pas eu à intervenir en opération l'an dernier (Total dispose aussi d'équipes de premières intervention sur ses sites sensibles). D'où l'utilité pour les hommes de tester le matériel et la coopération entre les équipes régulièrement.
Mais ils pourraient choisir des jours ensoleillés pour cela.
OlB
Photo : © Thibaut Claisse





Ces "boudins" seraient ils efficaces pour parquer dans les calanques, certains de nos "decideurs" provenceaux? Non pas dans les calanques, ils risqueraient de les polluer !
Quand au soleil qui vous a fait defaut ce jour là...n'ayez crainte, vous aurez 9 mois de l'année pour en profiter !
Rédigé par : fredo | 13.03.2011 à 19h01
La première dépollution serait de virer les hons qui y pullulent...
Rédigé par : antihon | 13.03.2011 à 11h44
@ messager : après une petite recherche sur le web, il semblerait que ce soit prévu ...
Rédigé par : sauv | 13.03.2011 à 11h42
Si le sinistre vient d'une installation autre que Total, le Fost ne fera rien.
Les moyens mis en oeuvre par Total doivent être réquisitionnables par les autorités françaiseds en cas de besoin sur n'importe quelle installation. Gratuitement bien sûr.
Rédigé par : messager | 12.03.2011 à 15h35
@ fox : merci de votre vigilance, c'est corrigé
@ LSDJ : Vous regardez trop de films.
Rédigé par : LibéMarseille | 12.03.2011 à 14h13
juste pour info.
dernier paragraphe "Fost n'a connu jamais eu à partir...)
bonne après-midi
Rédigé par : fox | 12.03.2011 à 13h42
après les sodomies footbalistiques, les pompiers outdoor, vous ne seriez pas un peu obsédé monsieur le journaliste ?
Rédigé par : LSDJ | 12.03.2011 à 12h43