PIP : la villa s'éloigne avec les hommes de paille
JUSTICE - Les ennuis s’accumulent pour Jean-Claude Mas. L’ex-patron de PIP, entreprise varoise de prothèses mammaires non conformes, passe devant la justice luxembourgeoise aujourd’hui, pour une affaire qui le préoccupe beaucoup. Pas une histoire de santé. Une histoire de gros sous. Une avocate du Grand-Duché tente de récupérer la maison dans laquelle vit la famille Mas, ainsi que leur bateau, deux biens achetés semble-t-il aux frais de PIP, via des sociétés prête-nom. Après s’être caché pendant des années derrière ces dernières, Jean-Claude Mas se retrouve à essayer de prouver qu’elles lui appartenaient légalement, ce qui n’est pas gagné...
Créanciers. L’avocate chargée alors de s’occuper de la liquidation n’a pas la tâche facile. Il semble qu’une partie des comptabilités, rapatriées chez Sereyjol-Garros, a disparu de l’appartement, pourtant placé sous scellé après le second suicide. Elle découvre cependant que les deux sociétés à liquider contrôlent la SCI Prince Michel, qui possède maison et bateau en indivision. Comme il y a des créanciers à rembourser pour Milo Finance et Graham Turner, l’avocate demande en juin 2010 l’extension de la liquidation à la SCI, afin de récupérer ses actifs. Jean-Claude Mas et Dominique Lucciardi sont obligés de sortir du bois. De prouver qu’ils sont les propriétaires de Prince Michel. Ils déposent le 9 juillet 2010 au registre du commerce et des sociétés de Luxembourg un «acte de cession de parts sociales» daté du 30 octobre 1999, soit trois jours après l’achat de la maison, par lequel le regretté Sereyjol-Garros leur aurait donné les parts de ses sociétés dans la SCI. En septembre 2010, Jean-Claude Mas donne ses propres parts à Dominique Lucciardi, pour organiser son insolvabilité, les procédures judiciaires se profilant en France.
Mais ces différents actes sont contestés au Luxembourg. La liquidatrice des sociétés, Marthe Feyereisein, relève que l’acte de cession de 1999 ne mentionne aucun prix. Il s’agit donc d’une donation, ce qui doit faire l’objet d’un «acte authentique» et non d’une simple signature sous seing privé. L’avocat de Mas et de sa compagne répond que ce n’était pas un cadeau, simplement une «régularisation» après que ses clients avaient payé la maison et le bateau. Mais l’avocat est bien en peine de le prouver. Et le 9 mars 2011, le tribunal d’arrondissement de Luxembourg, statuant au civil, a estimé que l’acte de cession de 1999 était nul. Dépossédés, Jean-Claude Mas et Dominique Lucciardi ont fait appel. Le tribunal doit fixer ce matin la prochaine date d’audience.
Olivier Bertrand





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