Premières fouilles dans le Vieux-Port de Marseille
ARCHÉOLOGIE - Une pelle mécanique plonge son bras dans les eaux glaciales du Vieux-Port. Elle remonte lentement un godet empli d'une matière noire, puante. Depuis mardi, l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène un diagnostic, une première sous les eaux du port, pour prévenir la destruction d'éventuels vestiges ou d'épaves à l'occasion des travaux de semi-piétonisation avant Marseille-Provence 2013...
Des premiers carottages ont d'abord été réalisés à l'emplacement des huit estacades prévues. Quatre sites ne feront pas l'objet de fouilles car les prélèvements ont remonté des sédiments très récents. Puis des fouilles préventives ont commencé mardi sur quatre autres sites, de chaque côté du port, quais rive neuve et du port. Si des morceaux de vestiges épars ou d'équipement structurants remontent, une campagne de fouilles approfondies pourraient être préconisées. Mais pour ne pas retarder les travaux, ni gêner ensuite Marseille 2013, un ou des pontons flottant(s) serai(en)t dans un premier temps aménagé(s) afin de ne rien abimer. Une logique régulièrement retenue lorsque des travaux de fouille sont trop compliqués ou trop chers à engager. Il arrive ainsi que l'on coule une bonne dalle de béton sur le sol, afin de laisser les trésors intacts pour les générations futures.
Quelle est la probabilité de trouver des choses intéressantes dans ce périmètre ? Elle est forte. A chaque fois que l'on ouvre dans les parages une fenêtre dans le sol, c'est comme un livre qui s'ouvre, l'histoire défilant couche après couche. Parfois, entre ces pages d'histoire locale compressées par le temps, de vrais moment de poésie, comme cet amas d'huitres dégustées à l'âge de bronze.
Des structures de type quai sont assez improbables, le port étant du temps des Grecs puis des Romains situé un peu plus haut, à hauteur de la Grand'rue qui passe derrière la mairie. Mais des vestiges terrestres, du néolithique par exemple, ne sont pas à exclure, le Vieux-Port n'étant rempli d'eau que depuis cinq milles ans.
Peu habitués à ce type de fouilles, les hommes de l'Inrap avouent qu'ils y vont un peu "à l'aveugle". Aux sens propre comme figuré. "C'est très troublant, confie à ce sujet Nicolas Weydert, responsable des opérations, de travailler sans voir le sédiment que l'on est en train de fouiller." Remonté par le bras, le godet dépose sur un ponton flottant sa masse noire et odorante. On arrose cela avec une lance à incendie, pour essayer de distinguer ce qui pourrait être intéressant. Mais à chaque pelletée pour l'instant, ce sont des pneus, des bouteilles, des chaussures, un cadre de vélo... Un barrage antipollution retient pendant ce temps en surface les substances chimiques remuées par la fouille. Si jamais l'Inrap ne remonte rien d'intéressant, il ne faudra pas se décourager, recommencer dans 9 ou 10.000 ans. A défaut de découvertes décisives, nos descendants pourraient constater à quel point leurs ancêtres étaient dégueulasses au 20e siècle.
Olivier Bertrand





message vu helas avec beaucoup de retar
très bonnes infos....d......
Rédigé par : Bouty yves marie.... | 07.05.2012 à 18h39
très interessant,curieux, tout reste à faire pourtant à suivre
Rédigé par : huguette.lippmann | 11.02.2012 à 08h47
Mr Bertrand,
Merci pour votre article, clair, précis et délicieusement ironique.
Rien de neuf pour l'instant (c'eût été curieux pour ces fouilles... )mais l'expérience continue !
Amicalement,
Nicolas Weydert
Rédigé par : Nicolas Weydert | 09.02.2012 à 16h53
@ AlainH : merci pour cette petite contrepètrie matinale et bucolique.
OlB.
Rédigé par : LibéMarseille | 09.02.2012 à 06h37
Le vieux-port va devoir mettre ses fouilles en caisse...
Rédigé par : AlainH | 09.02.2012 à 06h35
Inutile d'aller chercher au fond du Vieux Port pour remonter des godets puants. Il suffit de circuler dans les rues du centre de Marseille.
Rédigé par : LaGIneste | 08.02.2012 à 22h18
Et si dans 10.000 ans on remonte un squelette avec une jante de camion en guise de cravate, on en déduira qu'il avait voulu s'implanter dans le métier du déchet !!!
Rédigé par : Clérembard | 08.02.2012 à 20h51
Une operation utile pour nous rappeler que Marseille est une vieille dame de 2612 ans !La doyenne française.
Rédigé par : fredo | 08.02.2012 à 18h58